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7 avril 2010

Exposition de 1931 : une apothéose bidon

L'exposition coloniale de 1931, tombée dans l'oubli, fut inaugurée un 6 mai par le ministre français des colonies, Paul Reynaud, et se voulait le reflet de la puissance coloniale française.   

L'exposition prenait la suite de celle de Marseille en 1922, "vivante apothéose de l'expansion extérieure de la France sous la IIIe République et de l'effort colonial des nations civilisées" selon les mots du ministre de l'époque, cité par Charles-Robert Ageron. Le mot apothéose sera réemployé en 1931.

La République coloniale battait son plein.
Domaine public, wikipedia.

Sur le site Cliotexte, on peut lire cet extrait du discours inaugural de Paul Reynaud :

"La colonisation est le plus grand fait de l'Histoire. Est-il vrai que nous célébrions aujourd'hui une apothéose qui soit proche d'une décadence ? Jamais, chez nous, l'élan de la pensée et son jaillissement n'ont été plus puissants qu'aujourd'hui. A cette minute, grâce au poste de Pontoise, inauguré hier, le son de la voix que vous entendez est écouté à Nouméa, à Hanoï, à Dakar, à Fort-de-France. Notre emprise sur le monde se resserre chaque jour. Notre idéal est tellement vivant que ce sont les idées d'Europe qui donnent aujourd'hui la fièvre en Asie. Beaucoup pensaient qu'étendre la puissance française dans le monde, c'était la diluer, l'affaiblir, la rendre moins apte à conjurer un péril toujours menaçant. Mais, aux jours tragiques, les colonies vinrent se placer aux côtés de la Mère patrie et l'union de notre Empire se fit à l'épreuve de la douleur du sang. A côté de nos vieilles colonies, ces bijoux de famille égrenés dans l'Atlantique et dans l'océan Indien, c'est la France africaine, grande comme l'Europe (...)".

Bon, pour les générations actuelles, ce discours est ahurissant.

Une série de quatre timbres (15 c., 40 c., 50 c. et 1F50), représentant une femme Fachi de profil, fut émise en 1930 pour cette exposition coloniale.

Exposition coloniale de 1931, le 15 c. gris,
femme Fachi, n° 270 Yvert & Tellier.

Ce portrait de femme Fachi pourrait être rapproché aujourd'hui des femmes du monde du carnet Titouan Lamazou ou d'une aquarelle moderne montrant une femme nigérianne, et nous évoquer la mythique reine de Saba ou une Zénobie de Palmyre. L'oasis de Fachi se trouve dans le désert du Ténéré, au Niger. Ce pays d'Afrique de l'Ouest proclama son indépendance le 3 août 1960.

Voir
L'exposition de 1931 : mythe républicain ou mythe impérial ?  par Ch. Robert Ageron, dans la revue en ligne des études coloniales
Un moment oublié de la République coloniale, 1931 tous à l'expo, le Monde diplomatique, par N.Bancel, P.Blanchard et S.Lemaire
50 films à Bibliothèque Nationale de France, pour le cinquantenaire des indépendances africaines
L'exposition coloniale de 1931 nous mène en bateau, le blogue d'Histoire postale d'ici et d'ailleurs, un billet du 9 mai 2010
Exposition coloniale de 1931, pour ne pas se perdre..., sur le blogue d'Histoire postale et d'ailleurs, un billet du 23 mai 2010
 
Ce billet a été mis à jour le 24 mai 2010.

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