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1 juin 2010

Hommage aux victimes des essais nucléaires

Le nucléaire est un sujet rarement abordé en philatélie. Cette année, l'Algérie a surpris la planète tranquille des collectionneurs par l'audace d'un timbre émis le 10 février 2010 en hommage aux victimes des essais nucléaires français dans ce pays. On se dit que diplomatiquement, ça a dû chauffer un peu, quand même.

On y voit sur la gauche un visage qui se crispe et semble se tourner vers nous. En arrière-plan, au centre, un champignon atomique énorme et incandescent se forme, enfer sur Terre, avec deux symboles nucléaires qui diffusent leurs mortifères radiations sur une partie du territoire de l'ancienne colonie.

Hommage aux victimes des essais nucléaires français en Algérie,
une émission algérienne du 10 février 2010.
La déflagration ne peut se regarder.
 S. A. Bentounes / Imprimerie Banque d'Algérie.


On avait vu aussi le symbole nucléaire sur un timbre du Bélarus en 2006 pour commémorer le vingtième anniversaire de la catastrophe civile de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986.

 Pas de visage sur ce timbre-poste biélorusse.

Le cachet Premier Jour marque le champignon atomique.

Un tampon 1er Jour le 10 février 2010,
"Hommage aux victimes des essais
nucléaires français", au cœur de la fournaise.



La couverture du fascicule de la poste algérienne est intéressante car elle veut montrer, au-delà de l'hommage aux victimes dans le pays, les risques encourus par l'humanité : le ciel s'assombrit, c'est l'hiver nucléaire qui s'installe. 

Cette théorie de l'hiver nucléaire est née dans les années 1980 : des explosions nucléaires nombreuses et simultanées créeraient un obscurcissement du rayonnement solaire sur Terre par projection d'importantes quantités de poussières et de débris dans l'atmosphère de la planète. Cette théorie est controversée.

 Le fascicule de la poste algérienne.
Un hiver nucléaire possible.

On peut lire dans le fascicule, après l'évocation des bombes d'Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945 :
Ce fut ensuite le tour de la France de se lancer dans le nucléaire en expérimentant une bombe plus destructrice et plus dévastatrice que les précédentes. La bombe H (Hydrogène) explosera pour la première fois dans l'atmosphère le 13 février 1960, à Reggane, dans le Sahara algérien. Des essais souterrains eurent aussi lieu à In Ecker. Au total 57 essais furent effectués, selon le décompte connu à ce jour.
La France a effectué au moins 210 essais nucléaires, en Algérie d'abord puis en Polynésie à partir de 1966 (Centre d'Expérimentation du Pacifique). C'est en 1996 que le Président Jacques Chirac fait entrer la France dans l'ère de la simulation, après d'ultimes essais. Quatorze ans après la fin des derniers essais, la France dispose aujourd'hui d'un énorme calculateur : le Tera-100, installé sur le site ultra-sécurisé CEA-Direction des Applications Militaires, de la petite commune tranquille de Bruyère-Le-Châtel, en région parisienne.

Ce calculateur pétaflopique Bull mis en service il y a quelques jours seulement est capable d'effectuer une monstruosité d'opérations par seconde. Cela est nécessaire pour atteindre une précision importante dans les simulations. Seuls deux ordinateurs américains ont cette puissance. Chaque simulation réalisée fournit des données informatiques qui permettraient de remplir plusieurs centaines de fois la Bibliothèque Nationale de France. C'est aussi là, à Bruyère-Le-Châtel que furent réalisées les bombes françaises qui contaminèrent le Sahara ou la Polynésie, et la première du nom de Gerboise bleue.

La loi du 5 janvier 2010 d'indemnisation des victimes des 210 essais français devrait permettre d'attribuer trop tardivement une compensation aux civils et aux personnels militaires concernés. Il y a certainement une difficulté à évaluer le nombre exact de victimes, dans le cas de l'Algérie. Normalement, tout cela aurait dû être réglé beaucoup plus tôt, dans un esprit de transparence et de respect des victimes. C'est tombé sur le Ministre actuel Hervé Morin.

En rédigeant ce billet j'ai pris connaissance du nom du père de la bombe H française : Michel Carayol, cité par la revue La Recherche en 2008.

Voir
un article mis en ligne le 22 octobre 2009, sur Algerie360.com :
Essais nucléaires : Paris entame l'indemnisation des victimes algériennes

Complément du 21 octobre 2014 :
Le site PhilatélieDz  indique le 18 octobre 2014 que ce timbre-poste algérien est à classer dans les timbres erronés. En effet, le champignon de l'explosion serait celui d'un essai américain effectué au Nevada en 1953.

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