2 décembre 2011

0 Popol Vuh

Le Popol Vuh est un texte mythologique Maya écrit en quiché, de l'époque coloniale. Ce mythe de la création du monde, issu de la tradition orale, expose sa cosmogonie avec plusieurs tentatives des dieux pour arriver à l'homme. Les dieux dont Tepeu et Gucumatz, qui pourraient être vus comme des hypostases, engagent un dialogue pour aboutir ensemble à ce succès. On dirait aujourd'hui que c'est un collectif de dieux dont les débats menèrent à un compromis : notre bel univers. Néanmoins, ces divinités doivent être honorées sous peine de destruction du monde.

La création du monde par Gucumatz,
équivalent de Kukulcan au Guatemala,
le serpent à plumes vertes. 
Année 1981.

"La surface de la terre n’avait pas encore apparu. Il y avait seulement la mer calme et la grande étendue du ciel. Il n’y avait rien debout, rien n’avait encore été doté d’existence. Rien qui pouvait faire un bruit, ni rien qui puisse bouger, ou trembler, ou pouvait faire du bruit dans le ciel. Il n’y avait rien debout ; seulement l’eau calme, la mer placide, seule et tranquille".
Popol Vuh.

L'origine des deux Jumeaux demi-dieux 
 Hunahpú et Xbalanqué.
Année 1981.


Ces deux timbres du Guatemala appartiennent à une série plus large consacrée au Popol Vuh.

Raison contre chamanisme
L'ouvrage intéressant Les enfants du cosmos, de Rachel et Jean-Pierre Cartier, laisse une large parole au chaman Hunbatz (au chapitre IV), rencontré par les deux auteurs, journalistes. On y trouve une idéologie qui est une tentative tardive de reconstruction identitaire de la culture des Mayas, mélangée aux sottises de la vague du New Age. Cela donne un syncrétisme dont la critique rationaliste doit s'emparer, exactement comme après une lecture de Carlos Castaneda.

Le combat n'est pas entre une culture occidentale et une culture indigène, il est entre des forces au service de l'obscurantisme et l'esprit de raison, qui libère. L'homme moderne a mis des siècles avant de cesser de nier les fruits éminents de la raison, ce n'est pas aujourd'hui pour aller, enturbanné, encenser des sites archéologiques en se faisant croire que ça fait du bien à des dieux qui ne résolvent pas les difficultés concrètes des populations.

Les enfants du cosmos, Les Mayas aujourd'hui,
par Rachel et Jean-Pierre Cartier,
La Table Ronde, 1999, 299 pages.

Voir
Le Popol Vuh et les prophéties du Chilam Balam, par Sophie Normandin (oci.uqam.ca), avec un passage intéressant montrant que le calendrier maya est une nécessité permettant au peuple maya d'assumer son destin (pages 156 et 157)
Les dieux créateurs Mayas, par Karen Bassie (en anglais), sur Mesoweb.com

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