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15 novembre 2012

Clovis et Sainte Geneviève

Les Grandes Heures de l'Histoire de France est une nouvelle série commémorative inaugurée par un bloc-feuillet émis le 12 novembre 2012 avec Clovis à la bataille de Vouillé contre les Wisigoths en 507 et Sainte Geneviève devant Paris vers 480. Il est dit que "Les images de ce bloc nous rappellent celles des Bons Points Historiques que chacun de nous a pu recevoir enfant à l'école et qui restent des éléments forts de la mémoire collective des Français". Vous aviez reçu des Bons Points, vous ?  

Ajoutons qu'il convient toujours de se méfier de la mémoire collective qui peut n'être qu'une forme assouplie d'endoctrinement où les préjugés d'une Nation font leur lit.

Clovis à la Bataille de Vouillé, près de Poitiers,
en 507 où Alaric II est vaincu.
Louis Boursier / Phil@poste.


L'expression Les Grandes Heures qui met en avant des dates avec souvent des faits d'armes ou des couronnements valorisant surtout les acteurs principaux de l'histoire de France, s'oppose à d'autres courants historiographiques qui vont insister sur l'histoire des mentalités ou sur les conditions économiques qui forcent les événements.

Clovis c'est Chlodowig ou Chlodowech - un nom bien de chez nous -, roi des Francs, ce peuple germanique venu faire des raids et des pillages sur les terres gauloises, "héritier" d'un Empire romain en déconfiture. Un de ses bisaïeux était, selon la généalogie donnée par Geneanet, Widelphe Von Sachsen roi des Saxons (né vers 380 - mort en 408).

Il suffit de visiter des ruines de forteresses wisigothiques pour se rendre compte que les ennemis Wisigoths étaient loin d'être des barbares incultes. La défaite d'Alaric à Vouillé s'expliquerait par l'absence d'une partie des troupes d'élite et de la cavalerie lourde wisigothes, envoyées en Espagne. Les troupes gallo-romaines jointes aux Wisigoths n'avaient pas la même combativité.

Après Vouillé, voilà ce qu'il restait des Wisigoths en Espagne -)
Un site archéologique proche de la frontière française,
à Roses (Rosas).
 
"Face à ce Clovis intégré à la République, les légitimistes et les conservateurs du clergé réagissent. L'école est le champ de bataille le plus fréquenté. Dans les manuels de l'enseignement libre, c'est en 496 que commence l'histoire de France. L'enseignement laïc riposte en reportant le début de l'histoire de France sur Vercingétorix.
Ce dédoublement de Clovis cessera après la guerre de 1914-18. Dès lors, la mémoire de Clovis peut se prêter à toutes les opérations.
Le fait que la France existe depuis 1500 ans rassure : un pays si ancien ne peut pas disparaitre. Clovis est installé à la source du légendaire national".  Dans une présentation réalisée par des élèves au Lycée Le Rebours à Paris : Clovis dans l'histoire de France.
Détail du timbre Clovis, le rouge se diffuse au-delà
de son invraisemblable cape.
Louis Boursier / Phil@poste.

Pour les internautes qui souhaitent approfondir le sujet historique, il existe une association de 1901 "Vouillé et son Histoire" qui propose régulièrement des événements culturels et historiques.

Le fond du bloc provient d'une carte publiée en 1705 représentant 
« Lutèce conquise par les François sur les Romains »  
par le cartographe Jean Baptiste Bourguignon d'Anville 
et gravée par Antoine Coquart.
2 timbres à 1,35 €, tarif vers l'Europe jusqu'à 50 grammes.
Louis Boursier / Phil@poste.


Ce bloc peut aussi avoir son intérêt pour la cartographie et l'urbanisme de Paris. On y voit par exemple le Grand Châtelet, prison de l'Ancien Régime, qui protégeait l'entrée Nord du Grand Pont (Pont au Change), forteresse édifiée en 1130 sous Louis VI le Gros et rasée sous le Premier Empire. Lire le document Le grand et le Petit Châtelet par P. Poisson. Des cachots horribles y attendaient les prisonniers de droit commun. Un de ces cachots était nommé Fin d'aise : c'était une abomination. Quand la ville des Parisii devint la capitale de Clovis (en 508), il n'y avait là qu'un pont de bois peut-être éclairé la nuit par quelques torches.

Détail de la carte : la Forteresse du Grand Pont
ou le Grand Châtelet, avec ses geôles sinistres.
Louis Boursier / Phil@poste.

Clovis et Sainte Geneviève,
le cachet Premier Jour le 9 novembre 2012.

Le motif du timbre de Sainte Geneviève, patronne de Paris et du diocèse de Nanterre fêtée le 3 janvier, s'inspire d'un panneau en lave émaillée de 1875 de Paul Baze sur un autel d'une chapelle de Notre-Dame de La Croix, une grande église parisienne à Ménilmontant. C'était à l'origine une église pour lutter contre la déchristianisation des quartiers ouvriers. Voir les trois scènes évoquant la vie de la sainte exposées dans cette chapelle.

Sainte Geneviève ravitaillant Paris.
Louis Boursier / Phil@poste.

"Fille d’un régisseur des terres d’Empire, Severus, et de Gerontia, Geneviève, dont le prénom est sans doute d’origine latine (Genovefa) ou franque (Kenowifa), n’a rien de l’humble bergère dont on aime à retenir l’image".  Joël Schmidt, site des Archives de France.
Ajout du 16 novembre 2012 :
Kenowifa, c'est merveilleux ce prénom féminin. Une femme avec un prénom pareil, cela devait être quelque chose, hein, une Calamity Jane du Ve siècle mais vierge. Elle est aussi la sainte patronne de la Gendarmerie nationale.

Voir
Une nouvelle série philatélique, sur L'Adresse Musée de La Poste le 14 novembre 2012
Clovis Ier, et Bataille de Vouillé, des articles de Wikipédia
Clovis : le timbre de 1966 et celui de 1996 sur Phil-Ouest
Sainte Geneviève, un article de Wikipédia
Daniel Picouly, nostalgique de nos histoires de France, sur Culture Box le 21 décembre 2011 
Notre-Dame de La Croix sur Mairie20.paris.fr
De l'identité de la France, encore, un billet du 4 mars 2011 
Paris au Moyen-Âge, chronologie des événements parisiens (de 450 à 1499)
Les Francs, sur Imago Mundi
La généalogie de Chlodowech (alias Clovis) sur Geneanet
La bataille de Vouillé, Archives de France 

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