Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

28 mai 2013

Bouddhisme et philatélie : est-ce compatible ?

Je souhaite aborder une question que je me pose : la philatélie est-elle compatible avec le bouddhisme ? Nous accumulons des timbres-poste, nous collectionnons, nous nous passionnons, nous manquons de timbres ou d'albums, certains même dépensent trop pour ce loisir, et finalement un attachement émotionnel supplémentaire se crée au détriment d'une réalisation.

Le Bouddha d'Odilon Redon, 
une émission de la France en avril 2011.
Bruno Ghiringhelli / Phil@poste.

Pour notre défense, nous faisons valoir que notre statut de philatéliste est un peu meilleur que celui de boursicoteur (l'avidité), ou que celui de joueur de poker (le mensonge), ou que celui de coureur de jupons (la luxure), qui est une autre forme de collection. Mais cela suffit-il ? Non !

Si je reprends un texte de mars 2000 du lama Dzongsar Khyentse Rinpoché, Le Dharma en deux mots, indiquant les quatre sceaux du Dharma, voyons ce que cela donne. Les points numérotés en gras sont rappelés par le texte de Dzongsar Khyentse Rinpoché, le commentaire sous chaque point est de moi.

1. Tous les phénomènes sont impermanents
Toute collection est donc éphémère. Ce qui a été patiemment accumulé, au fil souvent de longues recherches, sera inévitablement dispersé un jour, vendu ou jeté par une belle-fille charmante mais qui ignore l'existence du mot philatélie dans le dictionnaire.

2. Toutes les émotions sont douloureuses
Il y a eu trop d'envies dans une collection et la perspective de la voir dispersée est douloureuse. Tout sera vendu, et les petits-enfants s'offrent un séjour à Marrakech ou à Marbella, là où soi-même on n'aurait jamais songé aller. Que c'est douloureux, malgré l'agréable séjour pour la famille !

3. Tous les phénomènes sont vides
Cela indique que le temps passé à collectionner a été pris sur le temps qui aurait dû être consacré à la compréhension d'une vérité, à savoir que les timbres-poste ne sont pas des objets réels, mais des objets vides d'existence comme les autres. Ma pince philatélique n'a saisi que du vent avec une dentelure autour...

4. Le Nirvâna est au-delà des extrêmes
Il n'y a rien à garder, ni une collection de timbres, ni même l'enseignement du Dharma, ce qui est le plus difficile à comprendre. Il n'y a rien où s'accrocher. La loupe n'a vu que du vide.

Le bouddhisme inviterait donc les collectionneurs à pratiquer une philatélie sans attachement, où l'envie et la passion resteraient contenues, et sans prendre trop de temps pour cette activité de loisir.

Il faut du temps pour comprendre la vacuité. 
(Une carte de l'année 2004).

Le cas des philatélistes blogueurs est un peu meilleur, dans la mesure où cette communication permet de ne pas s'investir trop dans une collection personnelle, à condition de ne pas se servir du blogue pour accroître sa collection ni pour gagner de l'argent.

0 commentaire:

Il n'y a pas encore de commentaires.
Soyez le premier à réagir !
Un billet proposé