29 septembre 2013

La comète ISON arrive

De la glace changée en feu, cadeau flamboyant du nuage d'Oort

Découverte le 21 septembre 2012 avec un télescope de 400 mm par les astronomes Vitali Nevski (Biélorussie) et Artyom Novichonok (Russie) près de Kislovodsk, offrant un aspect stellaire alors qu'elle se trouvait au-delà de l'orbite de Jupiter, la jeune comète ISON (du nom du réseau International Scientific Optical Network) nom scientifique C/2012 S1 fonce actuellement vers le Soleil à une vitesse moyenne de 90.000 km par heure, s'accélérant.

Une émission soviétique montrant la comète de Halley découverte en 1705,
pour son dernier passage au plus près de la Terre (0,42 UA en avril 1986).

Son périhélie sera atteint le 28 novembre 2013, la comète se trouvant à environ 1,16 million de kilomètres de la surface du Soleil, ce qui est peu : c'est la couronne solaire et donc ça va bien chauffer pour cette comète.

Rappel :
1 UA ou AU = 149 597 870 700 mètres.
 
Fin décembre 2013, ISON sera au plus près de la Terre, à 64,2 millions de kilomètres. La comète sera visible à l'œil nu dès la fin octobre 2013 dans la direction Est-Sud Est avant son passage au périhélie et les observateurs de l'hémisphère Nord sont idéalement placés (bien-sûr, en aucun cas on ne doit observer le Soleil directement et sans les précautions rigoureuses en usage dans la communauté des astronomes amateurs).

Des conseils pour observer et photographier la comète :
La lettre du Guide du Ciel, spéciale ISON.

Un nombre impressionnant de télescopes et de sondes spatiales se tournent vers elle et la NASA a réuni un groupe d'experts pour une campagne d'observations.

La comète, dont le noyau est d'un diamètre inférieur à 4,8 kilomètres (source : le télescope Spitzer, Nasa), est composée de glaces amalgamées, de poussières de roches et de différents matériaux qui se sublimeront à l'approche du Soleil (un passage de l'état solide à l'état gazeux) pour former une queue de plusieurs milliers de kilomètres.

ISON a été désorbitée du nuage d'Oort situé à 154.000 UA du Soleil et son orbite est parabolique (excentricité orbitale voisine de 1 ou 1,0000018). On considère que les comètes peuvent provenir aussi soit de la ceinture de Kuiper (au-delà de l'orbite de Neptune), soit de la ceinture d'astéroïdes (entre Mars et Jupiter) avec les comètes dites de Lazare découvertes cette année.

La période orbitale de la comète ISON est de 900.000 ans et c'est la première fois que cette comète entre dans le système solaire interne.

Fascinante Cometa ISON fotografiado por el astrónomo amateur ... on Twitpic
La comète rasante ISON photographiée le 24 septembre 2013
par l'astronome amateur Damian Peach
sur Twitpic.com.


ISON pourrait nous offrir un spectacle comparable à celui de la Grande Comète de 1680 (magnitude -18) ou, comme la comète Elenin en 2011 ou la comète Kohoutec en 1973, pourrait décevoir et se disloquer sous l'effet de la force de marée à l'approche de notre étoile où sa vitesse atteindrait plus de 300 km par seconde avec une température de surface supérieure à 2.000° C.
 
Pas de collision
possible.

Cette fragmentation donnerait lieu à un effet en collier de perles et les fragments se disperseraient à plus de 160 fois la distance Terre-Lune. Ils suivraient alors la même orbite que le morceau principal. Il n'y a donc pas de danger de collision avec la Terre. 

Des satellites tombent plus souvent que des comètes : le satellite GOCE de l'ESA qui a une orbite polaire (sa fiche) devrait s'écraser sur Terre vers le 16 octobre 2013 sans qu'on sache où, mais les gouvernements ont l'habitude. Voir l'article de Bfmtv.com du 12 septembre 2013 ou TF1.

Des objets géocroiseurs sont passés beaucoup plus près de nous, comme 2012 DA14 ou l'astéroïde 2005 UY55 en 2011 (de la taille d'un très gros porte-avions). Ce dernier aurait pu causer un cratère de plus de 6 kilomètres de diamètre. On se dit alors qu'il est utile d'avoir les décimales dans le calcul des paramètres orbitaux ; d'autres astéroïdes sont suivis, comme 2011 AG5 pour l'année 2040. Le site astro.umd.edu montre la similitude des éléments orbitaux entre ISON et la Grande Comète de 1680 (inclinaison, longitude du nœud ascendant).

22 mois pour réagir
Et si vous recherchez un prochain écrasement cataclysmique éventuel de comète dans notre système solaire, suivez les informations concernant la comète C/2013 A1 Siding Spring découverte le 8 décembre 2012 (Siding Spring Survey telescope). Il s'agit d'une comète de bonne taille (entre 3 et 50 km de diamètre) qui pourrait percuter la planète Mars frontalement (la comète arrive en sens contraire de l'orbite martienne) le 19 octobre 2014. Ce serait absolument colossal pour la planète rouge : entre 3 millions de mégatonnes et 24 milliards de mégatonnes en équivalent de TNT à l'impact (énergie cinétique), et un diamètre de cratère compris entre 45 km et plus de 500 km, suivant la taille.

Pour toutes les sondes présentes au sol ou en orbite, ce serait un désastre et la sonde MAVEN aura à peine eu le temps de déployer ses instruments, si l'interruption américaine de financement de l'État, dite "shutdown", ne retarde pas les opérations de lancement prévues au mois de novembre 2013. Voir les données du JPL et le traqueur.

Ce scénario possible montre la fragilité de notre situation, car entre le moment où une comète provenant du nuage d'Oort est repérée, et l'instant où elle peut percuter une planète du système solaire interne, il s'écoule moins de deux ans. C'est finalement peu.

Sylvain Arend et Georges Roland,
de l'Observatoire Royal de Belgique,
découvrent la comète C/1956 R1 le 8 novembre 1956.

Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'ISON se fragmenterait qu'elle serait moins lumineuse car la surface exposée de la glace au Soleil peut alors croître, on a observé cela en 1995 pour la comète Schwassmann-Wachmann-3 (un sursaut de plusieurs magnitudes) qui poursuit son histoire en au moins une soixantaine de morceaux. D'ailleurs en 2010, il y eut à nouveau un emballement noté pour cette comète à 6 UA du Soleil, attribué à un changement d'état de la glace ou à de la glace de monoxyde de carbone se vaporisant à grande distance du Soleil.

Le noyau d'ISON est-il
déjà fragmenté
depuis janvier 2013 ?

Au 2 octobre 2013, des informations provenant de la page de l'italien Toni Scarmato semblent suggérer une possible dualité du noyau cométaire de C/2012 S1, à partir d'un traitement de photographies prises par le télescope spatial Hubble en avril puis en mai 2013. Toni Scarmato remarque aussi un pic du paramètre d'activité cométaire AfRho mesuré au mois de janvier 2013 et se demande s'il n'y a pas là l'origine de ce qui fut observé en mai 2013. La comète ISON se situait à environ 5,1 UA du Soleil à la mi-janvier 2013, au-delà de l'orbite de Jupiter. 

Les scientifiques de la campagne d'observation CIOC reconnaissent début octobre 2013 que la comète ISON a montré une phase plus active que ce à quoi on s'attendait, produisant davantage de poussières, mais n'expliquent pas le pic calculé (qui a duré au moins trois jours, dit strong outburst) par Toni Scarmato en janvier 2013, plusieurs mois avant que la comète franchisse la limite des glaces. Voir le site astronomique Toni Scarmaro's Observatory.

  • Un sursaut ou outburst décrit un soudain accroissement de l'activité d'une comète détecté par une production plus élevée de gaz et de poussières.

Bruce Gary note quant à lui un jet détecté fin septembre 2013 apparemment en direction du Soleil, dont il ne livre pas pour l'instant l'interprétation, mais qui pourrait être lié au questionnement de Toni Scarmato. Voir Brucegary.net.

Une comète
mal ficelée ?

Une équipe de l'Observatoire de Remanzacco en Italie confirmerait l'existence d'une aspérité (comment traduire small feature ?) de la comète sur la partie dirigée vers le Soleil, non attribuable au bruit lié au traitement de l'image :
"they have conclusively confirmed a sunward facing feature on Comet ISON. This feature has been seen in previous ISON observations and was also seen in observations with the Hubble Space Telescope". Sur le site Phys.org le 3 octobre 2013, Comet ISON and Mars imaged together during close approach.
, they have conclusively confirmed a sunward facing feature on Comet ISON. This feature has been seen in previous ISON observations and was also seen in observations with the Hubble Space Telescope.

Read more at: http://phys.org/news/2013-10-comet-ison-mars-imaged-approach.html#jCp
Quand on parle d'aspérité, il s'agit de plusieurs centaines de mètres pour être accessible à l'observation scientifique. Il reste à savoir si la conclusion de l'équipe de l'Observatoire de Remanzacco recoupe ce que Toni Scarmato mettait en évidence à partir d'un ou deux clichés de Hubble. Cela devient passionnant parce que si cette comète est mal ficelée, ça ne va pas augmenter ses chances de passer entière le cap du périhélie.
, they have conclusively confirmed a sunward facing feature on Comet ISON. This feature has been seen in previous ISON observations and was also seen in observations with the Hubble Space Telescope.

Read more at: http://phys.org/news/2013-10-comet-ison-mars-imaged-approach.html#jCp

Sur un site web de la NASA encore ouvert au 3 octobre 2013 :
découvrez l'armada de moyens pour traquer la comète ISON.


Il y a en principe une relation entre la production de poussières mesurée et la taille de la comète, comme l'indique le CIOC :
"we know that to even be visible at over 6AU, and to be producing dust at the rate it is, Comet ISON must be at least a reasonably large comet, as dust production is proportional to the size of the comet".  NASA Comet ISON Observing Campaign.
Les images d'ISON (en infrarouge) fournies par le télescope Spitzer le 13 juin 2013 n'ont pas permis d'infirmer ou de confirmer les interrogations de Toni Scarmato. Au 10 octobre 2013, rien ne vient valider l'hypothèse d'une fragmentation précoce du noyau.

Il est difficile de dire comment ISON va résister à son passage au périhélie où sa magnitude pourrait avoisiner -4,5 (comparable à celle de Vénus). Pour l'instant, les magnitudes observées seraient un peu en-dessous des prévisions.

Une pluie de météores
à la mi-janvier 2014 ?

Selon le site Splendeurs du ciel profond reprenant une information du Forum Quasar 95, après le spectacle du siècle une pluie de météores est possible dans la nuit du 15 au 16 janvier 2014. 

Toutefois, selon un papier publié par A. Sekhar et  D.J. Asher le 11 octobre 2013 (Armagh Observatory) il ne faut pas s'attendre à cette activité météoritique consécutive au passage d'ISON :
"calculations show that although the orbital elements of this comet are much more favourable than for most sungrazers to have its descending node near the Earth’s orbit, even ejection velocities as high as 1 km s-1 do not induce sufficient nodal dispersion to bring meteoroids to Earth intersection during present times". Une publication par A. Sekhar et  D.J. Asher (oct. 2013).

1 chance sur 2
pour qu'ISON
n'explose pas.

Pour Karl Battams, astrophysicien au Laboratoire  US Naval Research Laboratory, cité par RedOrbit en septembre 2013, il existe une chance sur deux pour que la comète survive au périhélie. M. Knight et K. Walsh estiment que, même après une perte de masse significative du fait de la sublimation, la comète ISON devrait rester bien visible après le périhélie (lien donné en fin de billet).

En revanche, l'astronome Ignacio Ferrín (université d'Antioquia, Colombie), qui réalise un travail remarquable pour modéliser le comportement des comètes, soutient que la comète ISON va se désintégrer à coup sûr et perdre en magnitude, s'appuyant sur le comportement de précédentes comètes : Tabur (C/1996 Q1) et Hönig (C/2002 O4). On retrouve l'événement à 5,1 UA du Soleil mais sous un angle d'analyse différent (une courbe de luminosité). Voir aussi l'article Is comet ISON disintegrating ? de l'Institut de Physique de l'université d'Antioquia, une interrogation reprise le 6 octobre 2013 par le site Phys.org.

Le débat se poursuit avec le papier publié par Zdenek Sekanina le 9 octobre 2013 (du Jet Propulsion Laboratory en Californie) qui a comparé ISON a une autre comète issue du nuage d'Oort (C/1962 C1), laquelle a survécu à son passage au périhélie.

Des jets peuvent entraîner
une rotation fatale !

Le site du télescope Hubble rappelle que la comète, s'approchant très près du Soleil, pourrait expulser des jets susceptibles d'entraîner une rotation du noyau, déjà chauffé à blanc dans la fournaise de la couronne solaire. Là, la force centrifuge pourrait contribuer à le faire éclater évoquant le sort de la comète Shoemaker-Levy 9 brisée tout près de Jupiter en 1992. 

Cette considération doit être tempérée par les conclusions d'une étude récente du PSI (Planetary Science Institute) qui mettent en avant, dans la rotation, le rôle de l'énergie solaire reçue plutôt que celui de la part de surface active de la comète. C'est passionnant, surtout que les caractéristiques de la rotation doivent avoir un impact sur le dégazage à l'approche du périhélie.

  •  périhélie ISON  :     1.860.000 km
       (soit 0,0124429 UA. Source : données de l'IMCCE)
  •  rayon du Soleil  :       696.000 km
  •  limite de Roche :   2.374.000 km (Source : Hubble).
     
Si mes chiffres sont corrects, concluons que l'effet de marée va sérieusement secouer notre petite comète (nous serions bien à l'intérieur de la limite de Roche), indépendamment de l'effet d'une rotation (laquelle peut être prograde ou rétrograde). Tout va dépendre de la densité, de la taille et de la composition de son noyau. Voir l'article rédigé par Bonnie Meinke le 7 octobre 2013 When Comets Crack.

Le télescope spatial Hubble : un peu ancien, mais toujours là.
HubbleSite.org.


Le télescope Hubble entre
à nouveau en action.

Une communication du CIOC du 4 octobre 2013 au sujet des images de la caméra HiRISE (post written by CIOC Chair Casey Lisse) indique qu'il n'existe pour l'heure aucune preuve de la fragmentaton du noyau de la comète selon les images de Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) ou alors le ou les fragments qui seraient là sont si proches qu'ils restent indiscernables. Le Télescope Hubble entre à nouveau en action pour rechercher tout changement par rapport aux vues réalisées par Hubble en avril et mai 2013. On comprend que si des fragments accompagnent, suivent ou précèdent ISON, ils doivent être vus. Pour le CIOC, il n'est pas possible de valider qu'ISON est en train de disparaître.

Les scientifiques
s'appuient
sur des modèles
en cours d'élaboration...

Après un sursaut important indiqué en décembre 2012, ce serait un retour à la normale pour "une petite comète" indique le CIOC, se référant aux travaux de Meech et al. Mais alors, si ISON est maintenant qualifiée de petite, pourquoi l'avoir présentée comme raisonnablement large auparavant ?

D'après le document "The first papers about Comet ISON are beginning to appear" du 30 septembre 2013, Meech et al ont proposé un modèle sur le comportement de la comète avant la limite des glaces (eau, située entre 2,5 et 3 AU) en montrant le rôle prépondérant du CO2 (dioxyde de carbone) avec un dégagement long de CO (monoxyde de carbone). La limite des glaces est très éloignée pour le monoxyde de carbone (40 AU) et pour le dioxyde de carbone (10 AU) rappelle le document Comet ISON, as seen by Spitzer (le 12 août 2013).

Je comprends que le comportement lumineux des comètes entrant pour la première fois dans le système solaire interne n'est pas encore bien établi et donc le CIOC s'appuie sur des modèles en cours d'élaboration.

mais la réalité
parfois diffère.

Des relevés provenant d'astronomes espagnols (astrosurf.com) montrent que l'activité de la comète C/2012 S1 début octobre 2013, mesurée par le paramètre af(Rho), paraît maintenant limitée alors que la distance au Soleil décroît (la courbe en rouge sur une échelle inversée est la distance au Soleil mesurée en UA). Cette tendance semble confirmée le 2 octobre 2013 selon le blogue de l'équipe de l'Observatoire de Remanzacco.

Il faudra suivre de près ce paramètre dans les semaines qui viennent : aura-t-on un sursaut ? Si selon le CIOC la comète ISON est d'une taille raisonnable, comme vu plus haut, que signifie cette assez faible activité ? Faut-il retenir une taille de comète très inférieure à 4 km ?

L'activité d'ISON ne semble pas répondre selon
le paramètre Af(Rho) mesuré début octobre 2013
par les astronomes espagnols (les points verts figurant sur la droite du graphe).
(source : Astrosurf.com).


Les premières
images significatives
depuis Mars
se font attendre.

Le 1er octobre 2013, ISON passe à environ 10,5 millions de kilomètres de la planète Mars (6 fois plus proche que son passage au plus près de la Terre soit à 0,07 UA contre 0,42 UA pour la Terre), franchissant la limite des glaces (la comète se vaporise davantage). Les scientifiques espèrent que les sondes actuellement en orbite martienne (MRO et son télescope HiRISE) et Curiosity pourront la voir, même si le matériel photographique du robot astromobile n'a pas été conçu pour cela.

Il serait dommage que la NASA soit fermée à cause du retard du vote du budget fédéral par le Congrès américain.

Rideau ! 
Vu sur le site web officiel de la NASA au matin du 2 octobre 2013.

La trajectoire d'ISON selon une animation de la NASA.


Du déjà-vu.

Comme c'était à prévoir mais pas à craindre, l'obscurantisme revient avec le passage d'ISON ; des allumés du New-Âge inventent que l'objet serait autre chose qu'une comète, qu'il serait bien plus grand, qu'il serait accompagné d'autres objets ou que son orbite présenterait de surprenantes anomalies. Le fouet laïque et vivifiant de la stricte raison attend le dos trop souple des huluberlus qui confondent les romans de science-fiction (comme ceux d'Arthur C. Clarke) avec la réalité.

Exemple : un radar bidon
Une vidéo circule depuis début octobre 2013 sur l'Internet qui proviendrait prétendument d'un enregistrement d'un radar chinois du 3 septembre 2013 ; elle montre deux objets tubulaires inconnus, présentés comme artificiels, en mouvement autour de la comète ISON. C'est évidemment une tromperie, parce qu'une civilisation extraterrestre active à l'intérieur de notre système solaire n'aurait pas besoin de suivre une comète de cette façon... Sans compter que la portée d'un radar spatial, chinois ou pas, se limite je crois au mieux à quelques milliers de kilomètres. Or la comète ISON était le 3 septembre 2013 à plus de 400 millions de kilomètres de la Terre.

 
Une vidéo parmi des centaines sur l'Internet début octobre 2013 :
la comète ISON vue par un prétendu "radar" chinois
(à plus de 400 millions de km de la Terre : bravo le "radar" !).

On avait eu auparavant de prétendues images du 23 août 2013 attribuées au satellite chinois Tianlian 1 qui étaient tout aussi fausses. Voir le 12 octobre 2013 le bon article en espagnol du site web La mentira esta ahí fuera. Y sont ridiculisées ces vidéos en indiquant que dans une semaine, avec un peu de patience, nous devrions voir la bouille des extraterrestres par la fenêtre de la soucoupe. Aidés de radars aussi puissants, sortis du chapeau de l'Internet, qui sait ?
L'argument de l'accompagnement, repris trop rapidement par le site WikiStrike le 12 octobre 2013, est erroné. On y lit ceci : "Il est désormais établi que nombre d'OVNIS parasitent des rentrées de météorites ou d'objets stellaires afin de demeurer cachés". Non, ce n'est pas du tout établi. Et établi par qui ? On aimerait bien le savoir. Demeurer cachés ? En restant autour d'une comète constamment traquée par la communauté astronomique ?
J'entends que ce faux serait fabriqué par des services gouvernementaux (profitant de l'intérêt international pour cette comète) pour sensibiliser les gens à la question des intrusions inconnues : c'est n'importe quoi.
Ces libertés prises avec la réalité scientifique plaident pour un contrôle raisonné, par exemple en attribuant un indice de confiance, des vidéos proposées sur l'Internet.

Les esprits crédules mélangent encore la superstition et la science, révélant ainsi un problème de faible niveau de formation, une indigence de la pensée, de certains internautes qui publient par exemple sur YouTube.

"Un QI de tanche", comme dirait plus directement un Didier Jamet sur Cidehom.com. Le Dico des Mots pas académique précise : "nom féminin, désigne un sot. Voir gland". (Pour nos amis étrangers : "une tanche" means in french somebody with a poor learned background, a fool, people with a very stupid attitude). Les "tanches" trouvent avec les vidéos sur l'Internet un moyen pour diffuser leurs inepties à l'international. La manière dont se propage une information erronée sur l'Internet est intéressante à étudier en psychologie pour observer les réactions des internautes face aux sirènes de groupes malsains d'influence qui aiment à jouer sur les peurs des gens. Souvenez-vous : les mêmes groupes s'agitaient au sujet du calendrier Maya fin 2012.

Heureusement, il existe en France l'Union rationaliste pour aider à promouvoir le rôle essentiel de la raison dans l'évolution humaine.

En 1910 déjà, des gens craignaient même d'être empoisonnés par le passage de la comète de Halley, commenté par Camille Flammarion à Paris (astronome dont on oubliera la dérive spirite). Aujourd'hui, ISON libère aussi du gaz cyanogène.

 Camille Flammarion, auteur de l'Astronomie populaire (1880), 
commentait en 1910 le passage de la comète de Halley pour les parisiens.
Ici le timbre-poste émis le 9 avril 1956 par la France.
Raoul Serres / Postes.


Stellarium.

Pour les amateurs qui utilisent le logiciel de planétarium Stellarium, ils pourront y ajouter la comète ISON, selon les indications fournies par la Société Haïtienne d'Astronomie (avec l'éditeur de système solaire de Stellarium, j'ai importé les paramètres orbitaux au format MPC). Voir mes liens de fin de billet.

D'après Stellarium : le 31 octobre 2013 au milieu de la nuit
la comète ISON distante de 1,26 UA est basse au-dessus de l'horizon,
près de la constellation du Lion. 
Il est alors impossible de l'observer depuis la ville et sans un instrument.


Suivi.

Je compléterai ce billet d'ici le mois de janvier 2014, en fonction de ce que nous allons observer. Je me sers de la modélisation proposée par Inove pour avoir une idée des distances. Il existe aussi le traqueur de TheSkylive donnant la position en temps réel tout comme le site cometison2013.co.uk.

  • à 328 millions de kilomètres de la Terre, à l'approche de Mars :

Le 29 septembre 2013 on apprend que le ballon lancé par la NASA (BRRISON) le 28 septembre 2013 pour observer la comète depuis la haute atmosphère a vu son télescope embarqué tomber en défaillance (vraisemblablement un problème de déploiement) moins de trois heures après son lancement. Voir Space.com.

Les quatre premières images diffusées au grand public le 2 octobre 2013 prises par HiRISE depuis l'orbite martienne à 12,9 millions de kilomètres d'ISON sont d'une qualité très médiocre (images 033633_9050 et 9051  et 033639_9050 et 9051), comparativement aux astrophotographies déjà proposées par les astronomes amateurs (Bruce Gary nous donnait mieux le 29 septembre 2013 avec une vue réalisée à 328 millions de kilomètres de la comète). C'est vraiment histoire d'occuper le terrain, et on peut s'interroger là sur la capacité des agences spatiales à fournir au grand public des images de bonne qualité.

  • à 308 millions de kilomètres de la Terre :
À partir du 10 octobre 2013, la comète ISON entre dans le champ d'un des deux satellites de la mission STEREO (qui étudie les éruptions solaires) avec le télescope Heliospheric Imager 2 et, à partir du 21 novembre 2013, dans le champ du second satellite de cette mission.  Lire Comet ISON meets STEREO sur Optcorp.com et aussi The Watchers qui donne une idée plus précise du passage d'ISON devant les coronographes. Les images ne seront disponibles que le 12 ou le 13 octobre 2013 prévient le CIOC dans un message sur les observations à venir.

Le schéma d'une des deux sondes de la mission STEREO
(Solar TErrestrial RElations Observatory).
Source : l'Agence NASA.

Voici la position actuelle des deux satellites de la mission STEREO sur le site STEREO Science Center. STEREO-A est le 7ème engin spatial à observer la comète ISON et ce n'est qu'un début. Le site britannique Comet Ison montre une première animation le 12 octobre 2013 selon STEREO mais la comète apparaît si petite à ce stade qu'il n'est pas possible d'en extraire des informations précises.

  • à 290 millions de kilomètres de la Terre :
Du gaz cyanogène et du carbone diatomique s'échappent chaque seconde. 
Remarque ! 
La couleur verte visible sur certaines photographies de la comète ne serait pas du tout un effet du gaz cyanogène, ce point est discuté depuis février 2013 sur deux pages du site spécialisé Cloudy Nights.

  • à 284 millions de kilomètres de la Terre :
La comète est toujours entière. Le noyau de la comète est estimé à au moins deux kilomètres de diamètre.


  •  à 137 millions de kilomètres de la Terre :

  • Après le passage au périhélie : 
La comète ISON semble toujours active après son passage à proximité du Soleil à la vitesse de 130 km/s, mais avec un noyau diminué et fragmenté. Les images SOHO délivrées par la NASA le 29 novembre 2013 vont dans ce sens. Le peu de glace qu'il reste pourrait se sublimer rapidement. Le comportement lumineux d'ISON a un peu surpris comme le montre l'article de Karl Battams sur le site du CIOC le 28 novembre 2013.

Les meilleurs liens sélectionnés
Timbres-poste de Comètes :
Perdusdanslaposte.tumbllr.com
Bzhanglamost.org
Bayeux Tapestry, sur Siomico.net
Autre timbre : la nuit étoilée, de Vincent Van Gogh, sur WikiTimbres (émis en 2013)

Sites scientifiques :
Institut de Mécanique Céleste et de calcul des éphémérides, éléments orbitaux de C/ 2012 S1
Le-système-solaire.net, un site qui nous montre l'étendue et la variété de notre système solaire
British Comet Research Society, la comète ISON
ISON sur Astrobin, site dédié aux astrophotographes (intéressant car indépendant)
Agence Science Presse  le 5 janvier 2013
L'orbite de la comète ISON, modélisée par Inove
La trajectoire de la Comète ISON, sur Astrosurf.com 
Comet ISON observing Campaign Announcement, American Astronomical Society
CIOC, Comet ISON Observing Campaign
Ephémérides d'ISON en oct., nov. et déc. 2013 sur Spendeurs du Ciel profond
ISON, sur l'arbre Pearltrees

La comète ISON, sur Pearltrees.com.
 
Comète ISON dans le logiciel Stellarium, sur le site de la SHA (et webastro.net
Balloon Rapid Response for ISON, le ballon lancé le 28 septembre 2013 pour étudier la comète 
Will comet ISON survive perihelion ? par M. Knight et K. J. Walsh (Astrophysical Journal Letters)
Comète SW3, sur PGJ astronomie
Les sites web sur Astrosurf.com (astronomes amateurs francophones)
Secular light curves of comets, par Ignacio Ferrín (2009)
The location of Oort Cloud Comets C/2011 L4 Panstarrs and C/2012 S1 ISON, on a Comets ́ Evolutionary Diagram, par Ignacio Ferrín
Measuring comets with the Afrho quantity, Le paramètre Af(Rho), sur Cara Project (2004)
Les éléments orbitaux, les éphémérides, C/2012 S1 Union Astronomique Internationale (IAU) , The Minor Planet Center
Cometary rotation : an overview, par David Jewitt (mai 1998), Institute for Astronomy (Hawaï)
Brightness and orbital motion peculiarities of comets C/2012 S1... par Zdenek Sekanina, le 9 octobre 2013
Meteor showers on Earth from sungrazing comets, par A. Sekhar et D.J. Asher, le 11 octobre 2013

Twitter :
ISON sur Twitter
Pages sur Facebook :
ISON ou ISON


Musique :
Ainsi la Nuit, par Henri Dutilleux (1916-2013)

Note
Je n'avais rien trouvé au début de la rédaction de mon billet au sujet de la comète ISON sur le site de l'Observatoire de Paris. Au 29 novembre 2013, le site de l'Observatoire de Paris évoque le sort de la comète ISON.

Ce billet a été actualisé le 1er décembre 2013.

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