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22 novembre 2013

Il y a 50 ans, la mort de John Kennedy

Un événement surmédiatisé

Le 22 novembre 1963, était assassiné le président John Fitzgerald Kennedy à Dallas. La Poste d'Irlande a émis deux timbres pour commémorer le cinquantième anniversaire d'une visite de quatre jours en Irlande en juin 1963. John Kennedy retournait sur la terre de ses aïeux : tous les dirigeants qui aspirent à renouveler leurs hautes fonctions, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde, font cela car l'électorat adore ça. Il y avait un côté très "people" du couple présidentiel Kennedy. J'avais consacré un premier billet au 35ème président des États-Unis le 16 septembre 2010.

John F. Kennedy 1917-1963, en visite en Irlande en juin 1963,
une émission de l'Irlande le 6 juin 2013.
Ici avec Mary Ann Ryan, 
la fille d'un de ses cousins irlandais, qui sert le thé.
Steve Simpson  / An Post.

John F. Kennedy 1917-1963, en visite en Irlande en juin 1963,
une émission de l'Irlande le 6 juin 2013.
Ici pour un dépôt de gerbe au cimetière militaire d'Arbour Hill
avec Seán Francis Lemass, Premier Ministre d'alors
et le représentant du Ministère de la défense, le commandant PJ Daly.
Steve Simpson  / An Post.

Ci-dessous il s'agit d'un timbre-poste émis en 1999 par la Belgique dans une feuille sur les grandes figures et événements du XXe siècle (la première série). On y aperçoit Jackie Kennedy dans son fameux tailleur rose, mais l'image est bleutée comme pour indiquer que l'événement de l'assassinat de Dallas s'éloigne dans le temps. L'assassinat, vu et revu, s'est inscrit dans l'histoire du XXe siècle. Le couple Kennedy, comme Martin Luther King, Marilyn Monroe, et le Che Guevara sont devenus des icônes à faire défiler sur nos téléphones intelligents.
 
J.F. Kennedy,
un timbre-poste belge de 1999.

Les timbres-poste des Îles Marshall ci-dessous montrent le prédécesseur et le successeur de John Kennedy. Le 35ème président a repris la course à l'espace voulue par Dwight D. Eisenhower (le créateur de la NASA en 1958) et c'est finalement Lyndon B. Johnson, plus habile politicien, qui développera les réformes sociales que Kennedy ne put réaliser. En particulier, le président Lyndon B. Johnson sut imposer le Civil Rights Act du 2 juillet 1964. Sans le bourbier du Viêt Nam, Lyndon B. Johnson aurait été le plus grand président de l'histoire des États-Unis. Malgré le mouvement sur les Droits civiques, il fallut attendre 2008 pour voir un homme de couleur accéder à la présidence des États-Unis.

Le timbre de John Kennedy entre celui de son prédécesseur Dwight Eisenhower à gauche
et celui son successeur Lyndon Jonhson à droite,
des portraits à la façon des "Prexies"
sur une feuille émise en 2005 par les Îles Marshall.

Le programme Apollo lancé par John Kennedy en 1961
montre sa réussite sous le président Richard Nixon 
avec la mission Apollo XI en juillet 1969.
Une émission australienne du 23 juillet 2013.
Stacey Zass / Australia Post.


Le timbre-poste émis par les États-Unis en 1964 reproduit une phrase du discours inaugural prononcé le 20 janvier 1961 "And the glow from that fire can truly light the world". Voir l'intégralité de ce discours sur le site Americanrethoric.com.

Le mémorial John Fitzgerald Kennedy (1917-1963),
une émission américaine de 5 cents du 29 mai 1964, pour le
47ème anniversaire du président défunt.
On voit la flamme éternelle du cimetière national d'Arlington.
USPS.

En pleine guerre froide, le monde non communiste se définissait comme libre et se voyait en éclaireur. Ces tensions internationales permettaient de ne pas trop approfondir les réflexions sociétales ou environnementales que les générations d'après 1989 allaient devoir mener.

L'instauration du téléphone rouge en 1963,
après la crise des missiles,
une ligne directe et sécurisée entre Washington et Moscou.
Une émission de 1988 des Îles Marshall.

L'approbation finale (après ratification par le Sénat américain)
 Une feuille émise en 1988 par les Îles Marshall.

Le Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires d'août 1963 était rendu possible par l'avancement de la recherche et la poursuite des essais nucléaires souterrains ; ce traité ne gênait personne quant aux travaux ininterrompus de perfectionnement de l'efficacité destructrice des armements. Bien après Kennedy, la simulation menée grâce aux supercalculateurs les plus puissants de la Terre permettra de continuer à "améliorer" cette efficacité sans avoir besoin d'essais supplémentaires. 

La volonté de puissance se trouve mieux avec un décor diplomatique, si vous voulez. Comme vous le savez, la France a abandonné définitivement les essais en 1996, notre stock de plutonium étant assuré. Ni Kennedy ni Johnson n'aidèrent la France à mettre sur pied son indépendance nucléaire : cet état de fait continue de marquer profondément les relations entre les deux pays, jusqu'à un espionnage massif et intensif de la France par les États-Unis rendu public en octobre 2013. Pourtant, au début des années 1980, le président François Mitterrand avait sacrément aidé le président Ronald Reagan.

Le Redoutable, sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE),
une émission du 27 octobre 1969.
La France n'a pas reçu l'aide des Américains pour
mettre en place sa force de dissuasion.
Montré par Phil-Ouest. Robert Cami / Postes.

Probablement, et les Français ne sont pas des bugnes, le Quai d'Orsay a fait semblant de croire aux explications des Américains et les États-Unis ont fait semblant de ne pas recommencer. La Dépêche.fr l'écrit dans un article du 22 octobre 2013 : "il est difficile de croire que les États-Unis vont abandonner de sitôt un système aussi performant…"

Si ces derniers pratiquent ces méthodes partout où ils ont une ambassade, peut-être ont-ils une difficulté à la fin à savoir quel câble est branché à tel autre, mais ça paraît difficile à admettre pour un pays qui a élaboré avec le succès qu'on sait le programme Apollo. Ou alors ce qui se passe sur le vaste sol américain n'est plus relié à la diplomatie des États-Unis, des techniciens habiles bricoleraient dans le dos du Département d'État et du Congrès américain et définiraient dans leur coin la politique étrangère des États-Unis parce la technique offrirait telle ou telle possibilité. Dans les entreprises il arrive que des subalternes, par leur hardiesse et leur inconscience, engagent la responsabilité du PDG. Pourquoi pas au niveau d'un État ? 

Le Ministre français a peut-être recommandé à l'ambassadeur américain convoqué à Paris de placer un adhésif de couleur verte sur les tuyaux des pays amis, dont la France fait partie, et un rouge sur les autres. Pour Angela Dorothea Merkel aussi, c'est du vert. Le Ministre a sans doute également évoqué l'infiltration du réseau reliant le Ministère français à nos ambassades et consulats, comme vu sur le site Silicon.fr le 2 septembre 2013. C'est cette infiltration par les États-Unis qui a, on peut le supposer, déclenché la mise sur la place publique des choses. Le dossier devait être épais et gratiné.

Depuis le Général De Gaulle on sait que la CIA mettait son nez dans les affaires intérieures de la France (surtout pour suivre nos essais) ; c'est Pierre Messmer, le Ministre français des Armées, qui l'a révélé bien après son départ du gouvernement. Notre stratégie militaire intéresse les États-Unis on dirait.

Une émission surprenante de l'Algérie, de février 2010,
en hommage aux victimes.
On sait aujourd'hui que la CIA suivait de près les essais nucléaires français.
S. A. Bentounes / Imprimerie Banque d'Algérie.

Le Général de Gaulle agaçait John F. Kennedy. En mai 1961, lors de la visite officielle du couple Kennedy à Paris, le charme de Jackie masquait pour le public une ligne de fracture stratégique : le glamour ne fait pas lever la pâte grumeleuse dont est faite la diplomatie internationale. Dix-sept mois plus tard, le soutien de De Gaulle à Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba aurait pu ne pas se produire, et ce que fit la France au XVIIIe siècle pour aider à l'indépendance américaine rendait ce soutien plus conforme à une histoire partagée.

Une vignette LISA en 2012 : l'amitié franco-américaine,
émise lors du Salon Planète Timbres 2012.

Un discours de George Washington demandait une certaine moralité entre les nations mais c'était en 1796. "Observe good faith and justice toward all nations" : c'était bien dit, la bonne foi et la justice entre les nations. Les hommes qui travaillent dans les agences gouvernementales ne relisent pas toujours les discours importants des Pères fondateurs ou les consignes qu'ils reçoivent les en dispensent ; enfin cet aspect de cohérence est une affaire interne aux États-Unis et peut-être aussi une question pour toutes les démocraties qui n'ont pas eu de George Washington. Ce discours était je crois pour servir de ligne de conduite aux futurs dirigeants américains, c'est dit sur le site du Département d'État. Ce cinquantenaire nous amène un peu loin, les commémorations sont faites pour cela autrement elles resteraient stériles dans l'esprit des vivants, le tissu matelassé des principes s'effilochant au grand vent de l'histoire n'est-ce pas ?

 Une enveloppe Premier Jour du 20 janvier 1960 énonce
un credo américain fondamental :
"Observe good faith and justice toward all nations".

La question du nucléaire militaire qui faillit déboucher sur une destruction mondiale en octobre 1962 reste préoccupante cinquante ans après, avec la prolifération des armements atomiques.

La vraie flamme éternelle, celle du Soldat Inconnu sous l'Arc de triomphe à Paris,
est française et honore depuis 1923
les soldats morts durant la Grande Guerre.

La flamme éternelle souhaitée par Jackie Kennedy, à l'instar de ce qui existe sous l'Arc de Triomphe de la place Charles-de-Gaulle (autrefois place de l'Étoile) à Paris, voulait assimiler le président assassiné à un soldat. C'est un sens forcé, car les soldats savent en général contre quels adversaires ils se battent. Dwight D. Eisenhower était, lui, un vrai et un grand soldat mais il n'avait pas le charisme de John F. Kennedy.

Le président Dwight D. Eisenhower, général cinq étoiles,
et créateur de la NASA était, lui, un vrai soldat.
Sur une enveloppe Premier Jour du 14 octobre 1969.
USPS.

Le 22 novembre 1963 Kennedy fut surtout une cible facile dans sa Lincoln Continental 1961 décapotable, immatriculée GG300, roulant lentement. On reste stupéfaits par la manière dont la sécurité présidentielle était assurée. Quelque chose ne tournait pas rond à ce niveau avant l'arrivée de Kennedy dans la ville de Dallas. Une campagne électorale menée avec ce laxisme aurait tôt ou tard conduit à la catastrophe. 

Les gardes du corps ne sont pas en cause, ces hommes issus de l'Amérique moyenne étaient extrêmement dévoués (souvent au détriment de leur vie de famille), mais d'après ce que j'ai compris c'était un problème de conception, de doctrine de la sécurité présidentielle. La police de Dallas, dont l'efficacité est grande (Lee Harvey Oswald fut retrouvé dans la ville en peu de temps), ne fut pas suffisamment associée à la sécurité du cortège présidentiel. Un chef d'État en campagne électorale ne peut pas être aussi libre qu'un candidat quelconque, aujourd'hui cela nous semble une évidence. La réflexion des directions des services spécialisés aux États-Unis comme dans le reste du monde a dû être intense après un pareil drame.

Deux frères assassinés : John et Robert Kennedy
sur ce diptyque avec vignette de la poste aérienne 
émis par le Cameroun en 1969.

Ci-dessous nous retrouvons la famille Kennedy autour du patriarche Joseph et de son épouse Rose avec une émission des Philippines. Ce timbre-poste rappelle qu'il existait presque un côté famille régnante dans l'image que donnait le clan Kennedy. Pour la première démocratie du monde, et même si l'électorat américain aime bien regarder à l'intérieur des chaumières, cela nous semble une curiosité. L'image évoque plutôt les monarchies européennes.

 Joseph Kennedy en famille,
une émission des Philippines en 1968.

Je me souviens d'une journaliste italienne qui intervenait en 2011 à propos de l'affaire du Sofitel de New York impliquant un homme politique français très connu. Elle déclarait avec son accent délicieux : "je viens là parce qu'il y a le pouvoir, le sexe, l'argent, tout ça". Ses yeux pétillaient, elle était émoustillée. Cela m'avait fait sourire ; le côté "people" devient la politique, puisque les programmes électoraux conçus par des technocrates sont uniformisés, souvent ils sont peu appliqués une fois les hommes installés au pouvoir. 

Les facilités de caisse qu'offrent une position dominante, l'attrait de certaines femmes pour le pouvoir, le scandale d'État qui fait trembler, étaient déjà en route je suppose avec Marc-Antoine cédant à Cléopâtre et laissant la pauvre Octavie sur le carreau ! Elle restait seule à Rome, mal peignée, sans le moindre anxiolytique. Son mari bien-aimé parti avec une divinité : imaginez sa tête.

En France, nous avons eu au moins deux épisodes où la sphère privée d'un président s'étalait trop, trop faussement, ou trop peu. Avec les réseaux sociaux actuels, un John Kennedy ne pourrait pas avoir les libertés qu'il prit durant son mandat, dont Jackie savait parfaitement les détails. John Kennedy avait des migraines <<quand il ne baisait pas>> : j'ai entendu cela chez Michel Field dans l'émission de télévision Historiquement show diffusée sur la chaîne Histoire le 24 novembre 2013. Cela ne devait pas être simple tous les jours pour Jackie et pour un bilan politique, c'est plutôt maigre. Mary Pinchot Meyer, une des maîtresses du président, était dans le même bunker lors de la crise des missiles de Cuba. Elle fut assassinée en octobre 1964.

 Marilyn Monroe (1926-1962) connaissait John Kennedy,
une émission de l'Autriche le 30 juillet 2012 
 pour le cinquantenaire de la mort de l'actrice.
 Ullstein Bild / picturedesk.com / Post.at. 

L'image ci-dessous sur Twitter montre des banlieusards qui lurent avec stupeur leurs journaux en papier. Même le fait de lire des journaux devient un élément de l'histoire puisqu'ils sont en train de disparaître sous cette forme.
Pour nous Français, le mandat écourté de J.F. Kennedy a été l'occasion de mieux connaître la vie politique américaine, de voir grandir le poids de la télévision lors des campagnes électorales, de nous étonner toujours de la place prise par Dieu et par l'argent dans cette démocratie, de confirmer que la santé des dirigeants est une difficulté dans l'exercice du pouvoir. Aujourd'hui, nous savons à quel point il convient de se méfier de la fabrication des images : c'est peut-être la leçon principale du mandat du 35ème président des États-Unis.

Une enveloppe Premier Jour en hommage à John F. Kennedy,
pour le premier anniversaire de sa mort,
émise par la République Fédérale d'Allemagne le 21 novembre 1964.

Voir
Kennedy, le 35ème, un billet du 16 septembre 2010
Les présidents américains, un billet du 9 février 2009 
Marilyn, le cinquantenaire, un billet du 28 octobre 2012 (une autre icône de la période, disparue quinze mois plus tôt)
Kennedy John Fitzgerald, sur Tombes-sépultures.com
Amours de légende : Marilyn Monroe et John F. Kennedy, sur Femina.ch
Un téléphone rouge contre les conflits, un article de L'e-veilleur du 30 août 2015

Ce billet a été modifié le 30 août 2015.  
J'ai notamment rectifié la date du discours inaugural de JFK au 20 janvier 1961. Je n'ai pas utilisé dans mon billet le mot complot car j'ai choisi de ne pas évoquer cet aspect très spéculatif. J'ai ajouté le lien vers le site L'e-veilleur pour l'article sur le téléphone rouge.

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