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8 décembre 2013

L'exécution de Madame du Barry

Après la faveur royale, l'échafaud

Favorite royale officielle, femme d'une beauté incontestable, Marie-Jeanne Bécu de Vaubernier ou Madame du Barry (1743-1793) née sans rang ni fortune s'impose en 1769 à la Cour, cinq ans après la disparition de Madame de Pompadour. La comtesse du Barry égaya la libido de Louis XV, un roi neurasthénique, taciturne et mou de caractère, réputé "inamusable" par l'un de ses contemporains. Elle fut décapitée place de la Révolution le 8 décembre 1793 après un procès expéditif.

Jeanne Bécu, Comtesse du Barry,
un portrait en 1781 par Élisabeth Vigée-Lebrun.
La favorite jouira de tous les privilèges, bijoux et domaines,
mais ne se mêla pas de politique.

Nous voyons un portrait de Louis XV sur un timbre-poste émis en 1968 par la France.

Louis XV, pour le bicentenaire du rattachement de la Corse à la France,
une émission du 7 octobre 1968.
Robert Cami / Postes.

Louis XV dira qu'il est enchanté de la seule femme de France capable de lui faire oublier qu'il était sexagénaire : Madame du Barry. Celle qui devint la favorite était plus ou moins louée (au sens de loyer) par un directeur de tripot où, selon l'ouvrage Les secrets d'alcôves de l'histoire de France de Didier Chirat, les clients ne jouaient pas qu'aux cartes.

La fesse, je ne vous apprends rien, a toujours été un élément présent autour et sur le trône de France. Madame du Barry a bien clarifié ce fait : sortie nue du lit royal en pleine audience, fourniture d'aphrodisiaques au vieux gaillard (le roi)... Après la période du Parc-aux-Cerfs, sorte de réserve à nymphettes, cela faisait beaucoup pour un roi de droit divin. On s'insurgeait dans Paris de la lubricité royale. Marie-Antoinette de France n'aimait pas la comtesse et l'ascenseur social, dirait-on aujourd'hui, qu'elle représentait.

Le poids des favorites dans la monarchie française, le rôle fécond et croustillant de l'adultère du prince comme une rivière de diamants étalée sur une poitrine fellinienne à la face du monde, sera reconnu définitivement en 2014 avec l'émission philatélique officielle de la France pour le 250ème anniversaire de la disparition de Madame de Pompadour. Si Dieu ne l'a voulu, la France l'a fait.

Le fantôme de Madame du Barry passe peut-être
encore dans la Galerie des Glaces à Versailles.
Un timbre émis par la France le 12 novembre 2007.
Patte & Besset / Phil@poste.

Madame du Barry fut exécutée après un procès de deux jours devant son accusateur au Tribunal révolutionnaire Fouquier-Tinville, guillotiné lui-aussi moins de deux ans après. Le site du Ministère de la justice précise que la comtesse se voyant perdue, elle promit de révéler l'endroit de la cachette du reste de ses trésors, ce qui retarda le départ de la charrette. Son exécution fut l'une des plus pathétiques de la Révolution (en incluant bien le respect à l'intérieur de l'adjectif pathétique). Un cri déchirant s'entend encore place de la Concorde à Paris.
"Madame Dubarry est arrivée dans l'avant-greffe. Elle marchait en s'appuyant contre les murs, car ses jambes fléchissaient sous elle. Il y avait une vingtaine d'années que je ne l'avais vue, et je ne l'aurais pas reconnue ; elle était aussi défigurée par l'embonpoint que par la peine et l'angoisse. Quand elle m'aperçut derrière les condamnés déjà liés, elle jeta un grand Ah ! en se cachant les yeux sous son mouchoir, et elle se mit à genoux en criant Je ne veux pas, je ne veux pas". Un récit par Charles-Henri Sanson, bourreau.
Voir
Marie-Jeanne Du Barry, sur Favoritesroyales.canalblog.com
Le procès de Jeanne du Barry, sur le site du Ministère de la Justice 
L'exécution de Madame du Barry par Charles-Henri Sanson, sur Episodesdelarevolution
Les appartements de Madame Dubarry, sur Jardins Secrets 
Jeanne du Barry et Marie-Antoinette, sur le Boudoir de Marie-Antoinette
Alcôves royales, un billet du 23 mai 2012

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