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15 janvier 2014

50 ans des Forces Aériennes Stratégiques

La dissuasion nucléaire garante de l'indépendance
Le sujet n'est pas inscrit au programme philatélique 2014 de la France, mais je vais quand même le commémorer. Il y a 50 ans, la France créait par décret ses Forces Aériennes Stratégiques. La mission des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) est d'assurer la dissuasion nucléaire de la France. Le site de l'Anfas précise que les études de l'arme nucléaire ANM 11 débutèrent en 1960 et se terminèrent en avril 1963 puis vint la production en série. 

Le tout sans trop d'aide de la part des Américains même après l'appui que De Gaulle avait apporté au Président Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Et, aussi, malgré notre soutien historique à la guerre d'indépendance américaine ; on peut avoir des amis et parfois l'aide ne vient pas d'eux (voir mon billet sur la vignette LISA de l'amitié franco-américaine), et parfois ils nous espionnent massivement* et toujours ils aiment Paris quoi... Et les Américains aimèrent aussi suivre de très près nos essais nucléaires au début des années 1960. J'avais entendu Pierre Messmer, ancien Premier ministre et ancien Ministre des Armées, raconter cela dans un documentaire. Bon, il y a une visite d'État à Washington le 11 février 2014, où il ne sera pas question de ces désagréments passés entre alliés proches. On sourit à Paris.
 
L'avion de chasse Mirage 2000, sur une émission française 
de faciale 2 francs, en poste aérienne, du 8 juin 1981.
Montré par Phil-Ouest.
Claude Andréotto / Postes.
 

En 1964 tout était prêt, de nombreux essais avaient été effectués par exemple sur le sol algérien (j'avais rédigé un billet sur le sujet en juin 2010), et le 14 janvier 1964 le Président Charles de Gaulle créait les forces aériennes stratégiques françaises. Aujourd'hui, deux escadrons assurent 24 heures sur 24 l'alerte nucléaire et constituent la composante aérienne de la dissuasion, l'essentiel de la dissuasion étant réalisé par les sous-marins SNLE. 

Notez que la Marine nationale met également en œuvre une composante aéroportée de la dissuasion, la FANu (Force d'Action Navale Nucléaire) avec le vecteur du porte-avions Charles-de-Gaulle et ses chasseurs Rafale. Ces avions Rafale qui coûtent 101 millions d'euros l'unité vont être modernisés, vous le savez, avec l'annonce par le ministre en janvier 2014 d'un milliard d'euros investis par l'État.
 
  Le porte-avions Charles De Gaulle,
une émission française du 12 mai 2003.
Courtois / Pierre Forget / ITVF.

La composante terrestre de la dissuasion n'existe plus depuis le démantèlement du Plateau d'Albion à partir de 1996. Le nombre de têtes nucléaires dans l'arsenal français serait d'environ 300 (contre 5.113 pour les États-Unis) mais avec 10 seulement les dégâts seraient incommensurables en cas d'emploi de cette arme.

Article Premier du décret du 14 janvier 1964 : 
"La mission, l'organisation et les conditions d'engagement 
des forces aériennes stratégiques sont arrêtées en Conseil de défense".

Le site officiel précise que trois types d'avions sont actuellement en service au sein des FAS : le Rafale, le Mirage 2000N et les avions ravitailleurs sont le KC 135 et le C 135 FR, lequel devrait rester en service jusqu'en 2025.

Pourquoi continuer la dissuasion ?
L'arme nucléaire doit être perfectionnée, au moins pour être à niveau face à des pays qui pourraient vouloir acquérir ces armes. Il faut être au sommet de l'art pour avoir une vision claire de la direction que pourraient prendre des pays irresponsables ; le monde de 2014 n'étant pas plus sûr que celui de 1964 malgré la fin de la guerre froide il y a plus de vingt ans.

Idéalement, les nations auraient dû éviter d'entrer dans l'ère du nucléaire militaire c'est-à-dire dès qu'on a recherché à posséder des matières fissibles, d'abord aux États-Unis. Maintenant que c'est fait, il ne reste plus aux pays qui ont une maturité dans la dissuasion qu'à assurer une non-prolifération pour une durée indéfinie, en attendant un état pacifié du monde qui ne viendra pas de sitôt.

Le Général De Gaulle (1890-1970)
a voulu l'arme nucléaire pour la France.
Une émission du 9 novembre 1971.
G. Bétemps / E. Lacaque / La Poste.

Il est possible que la technologie, son usage jamais maîtrisé complètement on le sait bien, mène l'humanité à une suite difficile. Notre cerveau n'avait pas prévu que nous irions au-delà du feu pour faire griller trois steaks épais de mammouth. La tignasse du primate sentait le fumé. Ce feu-là, convivial et rassérénant, lieu de tous les folklores à venir et esquisse de la gastronomie et de l'art, de l'hôtellerie de luxe aussi, a mené au feu nucléaire actuel.

Si la technologie que nous possédons en 2014 avait existé dès le Moyen Âge, le caractère vivable de l'existence humaine serait aujourd'hui je le crois compromis. C'est très court ce délai entre le Moyen Âge et nous.

Quand des pays comme la France développent des armements très avancés c'est pour une sûreté plus grande. Faisons le calcul que si les plus éclairés des pays disposent du meilleur de la technologie terrestre, les plus obscurs seront contenus plus efficacement pour le bien de tous et donc pour la paix. On ne se trouve plus là seulement dans l'idée de préserver une indépendance nationale mais de contenir par une vigilance des plus responsables le risque omniprésent créé par les suites d'une erreur d'embranchement historique commise dès le Manhattan Project.

Voir
Forces aériennes stratégiques, sur Cfas.air.defense.gouv
Anfas, Association Nationale des Forces Aériennes Stratégiques
Forces Aériennes Stratégiques, un article de Wikipédia
Forces Aériennes Stratégiques, un ouvrage de Serge Gadal paru en 2009
Hommage aux victimes des essais nucléaires (Algérie), un billet du 1er juin 2010
La France et la dissuasion nucléaire, un document utile de M.-N. Berquier, professeure agrégée au Lycée Montesquieu de Bordeaux (fichier Pdf) 

* L'espionnage massif de la France par les États-Unis, révélé en 2013 par la presse et amplifié par les autorités françaises, a montré au grand public français et européen que c'était une pratique pas si rare entre États amis, redéfinissant la notion courante d'amitié. Ce déballage inhabituel dans le milieu diplomatique nous a (peut-être) permis de vérifier ce que les Américains savent de nos activités de renseignement ici ou là, puisqu'on se défend généralement de ses fautes en montrant ce qu'on connaît de l'activité irrégulière des autres. J'imagine que l'ambassadeur américain à Paris a dû chercher dans ses tiroirs, après consultation de la Maison Blanche, ce genre de détails avant de se rendre à la convocation par notre Ministre des affaires étrangères. Il s'agissait quand même de 70 millions de communications téléphoniques des Français captées du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013. Des Français se demandent donc si la culture historique des membres de la haute administration américaine est suffisamment assurée par le système éducatif des États-Unis, car alliés et ennemis semblent par ces pratiques indifférenciés. Existe-t-il un problème de formation ? Le Congrès américain en est-il conscient ? Le Département d'État a-t-il des crédits suffisants pour assurer le niveau requis à une diplomatie responsable de grande puissance ? Voir aussi l'article publié sur le blogue de M. Danjean le 21 octobre 2013 qui pose la question de l'exploitation des données. Bien-sûr, les américains eux-mêmes devraient regarder ce qu'ils sont en train de faire ou de malfaire sur la carte bosselée du monde, "the bumped map of the world"...

Ce billet a été actualisé le 16 janvier 2014.

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