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14 septembre 2014

Plus vite que l'inflation

Le déclin du courrier se paye

Comme vous vous en doutez, le modèle économique des opérateurs postaux ne marche plus vraiment. Les flux qui entrent dans le champ du service universel, comme c'est dit, sont en train de chuter : -5,5 % en 2013 en France selon l'ARCEP, l'autorité de régulation. C'est un peu partout la même évolution.

 L'ARCEP permet à La Poste d'augmenter ses tarifs postaux.

Un modèle économique maintenu à flot
"Ces évolutions témoignent d'une baisse des usages postaux qui coïncide avec la numérisation croissante des échanges" nous dit l'ARCEP dans sa décision 2014-841 du 22 juillet 2014. La main d'œuvre et l'obligation du service universel embarrassent car elles ne permettent pas de s'ajuster autant qu'on le voudrait à la baisse structurelle des volumes.

La Poste confirme cette numérisation croissante des échanges dans son communiqué du 25 juillet 2014 :

"Dans tous les pays industrialisés, les opérateurs postaux font face à une profonde mutation de leur environnement économique du fait d’un usage croissant par les clients de solutions dématérialisées. La Poste est confrontée en France à une baisse historique des volumes du courrier". 

Pour maintenir à flot le radeau du modèle économique, les opérateurs postaux s'engagent dans des hausses de tarifs qui se situent au-dessus de l'inflation. Le coût unitaire du courrier devient de plus en plus élevé puisqu'il faut maintenir des charges de structure pour traiter un volume déclinant. 

C'est pourquoi le prix du timbre-poste s'envole comme le notait l'article de Colombes Philatélie du 8 août 2014. Nous payons le déclin du courrier et nous allons le payer largement au-delà de 2018.

Ma surtaxe imaginaire
En toute transparence, nous devrions avoir un timbre-poste en deux parties distinctes : un service de base (type économique) et un supplément personnalisé (les services à la demande). La partie surtaxée serait calculée pour payer tout ce que l'opérateur postal ne peut plus assurer : les locaux, le personnel, les contraintes diverses. Nous connaîtrions le prix réel pour obtenir tel ou tel niveau de service postal.

Sur ce timbre-poste imaginaire : à droite le tarif de base (ici un Ecopli à 0,59 €),
à gauche tout ce dont vous rêvez à 2 €. Total : 2,59 € jusqu'à 20 grammes.

Imaginons. J'inscris ce que je veux et je consens à payer un supplément par rapport au service de base. Voyons... Je soutiens la ruralité, je veux préserver l'emploi, je veux mon facteur à moi, je veux du courrier distribué le dimanche, je veux des oblitérations rondes, je veux la transition énergétique, je veux que le postier protège le rouge-gorge des ondes électromagnétiques, le chien du voisin doit recevoir un collier contre l'aboiement avec spray à la citronnelle (pourquoi pas ?), je refuse d'acheter mes timbres-poste au pressing et je ne veux pas de drones livreurs pour survoler les buis fragiles de mon jardin (on serait en 2020). Total, par exemple : 2 € supplémentaires.

Je crains que ma surtaxe imaginaire ne rentre pas vraiment dans la notion de service universel mais elle nous rapprocherait d'une transparence des prix réels du service postal.

Voir
Décision 2014-841 de l'ARCEP du 22 juillet 2014
Les chiffres clés de l'ARCEP (juin 2014)
Communiqué de La Poste du 25 juillet 2014 sur l'encadrement pluriannuel des tarifs postaux
Le prix du timbre en route vers des sommets, sur Colombes Philatélie le 8 août 2014

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