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29 janvier 2015

Le recueil des commémorations 2015

Un ouvrage utile aussi aux philatélistes

Si la commémoration n'est pas une science exacte, pour faire écho à la préface de Jean Noël Jeanneney du recueil des commémorations nationales 2015, le philatéliste va tout de même tirer profit de cet ouvrage dédié cette année à l'historien Maurice Agulhon disparu en 2014. Le recueil des commémorations nationales 2015 est un pavé de 336 pages publié aux Éditions du patrimoine et distribué pour la première fois dans toutes les bonnes librairies au prix de 15 euros.

L'ouvrage Les commémorations nationales 2015, 336 pages.
En couverture : Portrait de François Ier, roi de France
huile sur bois d'après François Clouet, vers 1515-1520, Chantilly, musée Condé.
RMN-Grand Palais (Domaine de Chantilly) / Harry Bréjat.

J'avais annoncé dans mon billet du 15 octobre 2014 le sesquicentenaire des Lettres de mon moulin par Alphonse Daudet. Cette commémoration apparaissait pour l'année 1865 dans la première liste du site des Archives de France mais n'est pas retenue dans la partie Littérature et sciences du recueil. C'est parce que les Lettres de mon moulin furent publiées en 1866, je les retrouve d'ailleurs dans la première liste d'anniversaires pour 2016 (à la page 330 du recueil). La date de parution et non celle de première écriture à Clamart serait donc retenue. En effet, mon exemplaire des Lettres de mon moulin indique une parution d'août à novembre 1866 (douze lettres) dans le journal L'Événement.

La mini-jupe introduite en France par André Courrèges en 1965 ne figure pas au menu des réjouissances, comme je l'avais compris. Il est très intéressant de lire la préface honnête du recueil qui revient sur la place des femmes dans notre passé national : "on nous a incités, du dehors, à jeter sur elles une lumière plus vive que ce n'eût été la tendance jadis, compte tenu des combats actuellement en cours et des progrès déjà obtenus par les ardeurs efficaces du féminisme". L'auteur de cette préface ne le précise pas, mais la lumière plus vive, c'est aussi la mini-jupe bien-sûr. Nous aurions pourtant besoin d'éclairages légers sur les années 1960 en cette décennie 2010 où les élites* ne laissent guère d'espérance aux hommes (ce n'est pas fini). C'est comme une levure qui ne fait plus monter la pâte mais enfin la pâte peut cuire en l'état. La fête existait sans l'encombrement d'économistes déprimants, c'était ça. Mais le monde ne peut pas être un Swinging London permanent, encore moins en 2015. Vous n'aurez donc que mon billet de 2014 sur le sujet en attendant une émission philatélique sur les années 1960.

La quatrième de couverture du recueil.

Quant à la démocratie harmonieuse évoquée dans la préface, elle est toujours à rechercher bien-sûr, et il semble que la dose de commémorations paraisse trop volumineuse par rapport à l'espérance d'un peuple. C'est un équilibre à trouver entre mémoire et projets pour que ces commémorations ne s'adressent pas qu'à la partie du pays qui ne vit pas dans un "apartheid". Avec un vocabulaire de 500 mots, c'est difficile. Voir l'article de F. Potet Portraits, vivre avec 400 mots. C'était il y a dix ans.

Le recueil présente une géographie des anniversaires. Par exemple, on y trouve la région Alsace avec Rouget de Lisle pour le centenaire du transfert des cendres de l'auteur de notre chant national aux Invalides le 14 juillet. Ce recueil est une mine d'informations et je mentionnerai l'ouvrage aussi souvent que possible en le liant à des émissions philatéliques.

Voir
Commémorations nationales, Centre des Monuments Nationaux
Première liste de célébrations pour 2015, un billet du 15 octobre 2014
Pas de mini-jupe en 2015, un billet du 19 janvier 2014

(*) élites : l'analyse peut conduire à établir un fractionnement de la société, jusqu'à utiliser le mot "caste" - ensemble d'individus unis par les mêmes intérêts (distincts de l'intérêt général) à la place du mot oligarchie. L'inconvénient de cette analyse est qu'il faudrait concomitamment introduire sur le plan théorique la brisure de l'unité d'une nation pour expliquer l'émergence de la "caste" ou du moins valider l'énoncé d'une indivisibilité dite de pure façade qui servirait les intérêts de la "caste". La notion "d'apartheid" à l'intérieur de la République est une curiosité parce qu'elle suggère justement un fractionnement, regrettable mais palpable. Les théoriciens pourront réexaminer la définition d'une nation pour déterminer le sens d'une "caste" présente à l'intérieur de celle-ci à un bout avec, à l'autre bout, la catégorie des populations concernées par un "apartheid" en milieu urbain. Une approche différente verrait plutôt des forces économiques, dont les capitaux ont besoin d'une flexibilité maximale, pousser tous les acteurs sociaux dans l'urgence permanente, au détriment de l'important. Même les catégories sociales pensées comme supérieures seraient soumises au diktat de l'urgence, du législateur au chef d'entreprise : la course à la croissance économique et aussi la dimension écologique (parfaite pour l'urgence) en feraient partie. La question est de savoir si l'urgence permanente est un besoin de "la caste" ou un effet qui s'est imposé à elle avec la globalisation. La "caste" asservie entraînerait avec elle l'ensemble d'une société comme un pantin de l'électronique, les circuits de la démocratie ne pouvant pulser au même rythme que les flux d'informations financières. Donc la "caste" ne serait point le tout, elle est redéfinie comme "caste aux abois", pourchassée elle-même par l'urgence. Cela peut durer, l'accélération de notre société agit probablement comme un euphorisant, l'industrie pharmaceutique fournit et fournira tout ce qu'il faut à la "caste" pour tenir le coup. L'approche est très médicamenteuse finalement. La classe dirigeante des anciens Mayas - dont le roi assis sur la natte, symbole de son pouvoir - avait des rites où la saignée était courante avec la prise de substances hallucinogènes. On peut affirmer que c'était déjà vaporeux au sommet de la pyramide mais, bien-sûr, la beauté des glyphes remplaçait l'obsession symptomatique de maximisation du profit. Le monde devait se renouveler magiquement à la fin d'un grand cycle ou disparaître. La quête de la croissance économique remplit aujourd'hui cette fonction sotériologique ; c'est comme le retour de la pluie [ salut à toi, Tchac ! -) ] dont les premières gouttes sur le visage buriné des guerriers font danser la tribu jusqu'à l'épuisement. Je ferme ma parenthèse sur élites et urgence. Si je n'ai retenu que cela des Mayas, c'est très préoccupant, ah !

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