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5 août 2015

Il y a 70 ans, l'atomisation d'Hiroshima

Un usage militairement injustifié ?

Le 6 août 1945 à 8 heures 15 était lancée par les États-Unis depuis l'île de Tinian la première bombe atomique contre une cible civile : la ville d'Hiroshima, suivant la décision du Président Harry S. Truman. Quelques jours auparavant, les dirigeants japonais avaient ignoré l'ultimatum fixé à la conférence de Potsdam. La météo était favorable, la ville fut rasée instantanément causant aussitôt plus de 70.000 morts. Il y eut des dizaines de milliers de victimes dans les semaines qui suivirent.

Hiroshima, cité de la paix,
un timbre-poste émis au Japon en août 1949,
pour le quatrième anniversaire du bombardement atomique.
Source : Wikipédia.

L'occupation américaine du Japon jusqu'en 1952 n'a pas permis au pays vaincu de commémorer librement cet événement d'importance mondiale. Le timbre-poste japonais émis par exemple pour le quatrième anniversaire de la bombe A ne montrait rien des souffrances de la population des survivants d'Hiroshima.

L'empereur Hirohito, Shōwa Tennō (1901-1989), intronisé en 1928.
Une émission des États fédérés de Micronésie en 2000.

Même avant les bombardements d'Hiroshima (bombe à l'uranium 235) et de Nagasaki (bombe au plutonium), le régime militariste japonais n'avait que faire de l'opinion d'une population durement éprouvée par la guerre. Toutefois, Serge Berstein et Pierre Milza (Histoire du XXe siècle) rappellent que la politique d'expansion armée du Japon avait été souhaitée par la grande majorité des Japonais.

Hiroshima, 15 kilotonnes de TNT : 
carte des gradients des dégâts de la bombe atomique 
du point zéro jusqu'à 3300 mètres (1946).
Wikipédia, domaine public.

Il existait, comme l'indique le site Historiquement guerrier, un comité des objectifs à Los Alamos et la ville de Kyoto par exemple faisait partie de la liste. La bombe atomique était d'abord un projet scientifique et une sorte d'expérience militaire, puisque l'état-major ignorait les effets concrets d'une telle arme larguée au-dessus d'un champ de bataille particulier : la ville.

Les débats tant sur la justification de l'usage de ces armements atomiques que sur l'insuffisance des poursuites d'après-guerre concernant les crimes de guerre du Japon militariste restent actuels. L'usage de la bombe atomique n'aurait en réalité pas épargné autant de vies américaines que les dirigeants ont bien voulu faire croire au peuple américain. En juillet 1945 les Alliés savaient les Japonais au bout du rouleau. 

Il y a eu un mensonge d'État, habillant une opération décidée surtout pour marquer des points vis-à-vis des Soviétiques qui se préparaient à entrer en Mandchourie. Plus tard en 1964, au sujet du Viêt Nam, on sait que les rapports de renseignements américains sur les incidents du golfe du Tonkin furent falsifiés. Hiroshima est aussi l'histoire d'une grande démocratie qui se ment à elle-même : les guerres engendrent une propagande avant, pendant et après. Voir également l'attitude de Churchill au sujet du naufrage dramatique du paquebot RMS Lancastria en juin 1940.

Le Président Harry S. Truman (1884-1972),
sur une enveloppe Premier Jour du 8 mai 1973.
USPS.

Truman annonce la capitulation de l'Empire du Japon le 14 août 1945,
une émission américaine du 2 septembre 1995
dans un bloc-feuillet de 10 timbres-poste sur la victoire "Victory at Last".
USPS.

L'administration Truman apporta le plan Marshall à l'Europe.
Ici Harry Truman sur un timbre-poste américain du 26 janvier 1984.
USPS.

Le site Tiki-Toki présente une chronologie de l'histoire de la bombe atomique. La science allait devenir d'une façon plus marquante comme l'ennemie du progrès et de la civilisation, installant l'humanité dans un pétrin plus durable que le développement. Le procès de la science reste à faire, d'autant que pour les questions actuelles sur le climat par exemple elle est en première ligne.

On lira aussi l'article de E. Nal qui montre qu'une réflexion sur la dissuasion rejoint une interrogation sur la nature de l'homme : à défaut d'être raisonnable peut-il se montrer rationnel d'une manière pérenne ?

 Le site Tiki-Toki présente une chronologie "explosive" de la bombe atomique.


Notez qu'il existe un débat sur l'origine de l'uranium 235 (plus de 64 kg) qui a servi à aboutir à la bombe Little Boy, en effet l'uranium naturel ne contient qu'environ 0,7 % d'uranium 235. La rareté des éléments fissiles était un vrai problème. Provenait-il uniquement de l'usine de séparation d'Oak Ridge (K-25, Tennessee), fut-il trouvé en partie chez les Allemands (Uranprojekt) ou récupéré aussi par d'autres moyens ?

Franklin Delano Roosevelt 
avait compris l'intérêt de la recherche à des fins militaires.
Ici une émission de Monaco de 1956.

C'est Roosevelt qui fut le créateur de l'OSRD, l'ancêtre de l'agence DARPA voulue par Eisenhower en 1958. Il existe une continuité pour placer les États-Unis avec un avantage technologique, finalement la personnalité du président compte peu dans cette ligne pas plus d'ailleurs que sa couleur politique. Si les dirigeants politiques ont une formation militaire, ils ne peuvent pas réduire les moyens et s'ils ne l'ont pas, ils signent car comprendre les enjeux serait trop long pour eux. C'est encore plus vrai dans un système médiatique où l'exécutif est en représentation permanente, jusqu'à l'excès, laissant à une nuée de conseillers non élus le soin de préparer les dossiers.

Ci-dessous c'est un timbre-poste montrant vingt ans après le début du Projet Manhattan une des conséquences de la crise des missiles de Cuba. Comme Truman, John Kennedy est montré tenant un document. La guerre froide allait se poursuivre jusqu'à la dissolution du pacte de Varsovie (1991).

L'instauration du téléphone rouge en 1963,
après la crise des missiles de Cuba (octobre 1962),
une ligne directe et sécurisée entre Washington et Moscou.
Une émission de 1988 des Îles Marshall.

Voir
A catalog of nuclear explosions on stamps, par J. Walden, une présentation sur fichier Pdf incluant aussi quelques vignettes non philatéliques.
Hiroshima, cité de la paix, sur Oriibu
Hiroshima toujours tabou aux États-Unis, sur Nouveau Monde le 5 août 2015
Commemorative Japanese stamps, sur Japanese-stamps.com
First Day of non issue, atomic bombs end WWII (un timbre-poste américain non émis en 1995)
Hirohito, sur Mémoires de guerre
La petite histoire du projet Manhattan, pages 1 à 3, sur Luxorion
Were there alternatives to the atomic bombings ? sur The Nuclear Secrecy Blog le 4 août 2015
et voir aussi l'article What remains of the Manhattan Project ? (le 12 juin 2015): l'accès à ce site très riche peut-être difficile actuellement.
Et Roosevelt lança le projet Manhattan, Le Monde le 25 juillet 2005
"Black Program" : le projet Manhattan, sur Actualité de l'histoire le 3 février 2011
La dissuation nucléaire, morale d'une Histoire en cours par E. Nal
Les bombes atomiques, sur Clio texte, dont la lettre d'Albert Einstein à Roosevelt (1939)

Retrouvez mes billets sur le nucléaire :
Hommage aux victimes des essais nucléaires, un billet du 1er juin 2010
Cinquantenaire des forces aériennes stratégiques, un billet du 15 janvier 2014
Tchernobyl, un billet du 6 avril 2009
Tchernobyl et les fleurs, un billet du 31 mai 2011 (le 25ème anniversaire de la catastrophe)
Dispersion radioactive à Fukushima, un billet suivi du 13 mars au 31 mars 2011. Il n'y avait pas d'émission philatélique ici mais c'est un événement considérable, après le désastre de 1986 à Tchernobyl en Europe.

Enfin mon billet du 22 novembre 2013 sur les 50 ans de la mort de John Kennedy a évoqué le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires de 1963. Même avec quelques timbres-poste il est possible de dire un petit peu de l'histoire toujours dangereuse de notre monde.

Ce billet a été complété le 19 août 2015.

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