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7 août 2015

L'abbaye de Royaumont

Un chef-d'œuvre du Gothique

Voici une visite estivale dans un endroit superbe au nord de Paris. "L'abbaye de Royaumont se dresse, entre étangs et forêts, au sein du Parc naturel régional d'Oise - Pays de France, dans le Val d'Oise" indique un dépliant de la Fondation Royaumont. C'est le roi Louis IX qui fonda ce monastère cistercien au XIIIe siècle, entre 1228 et 1235. Il y avait une propagation du Gothique qui reflétait l'accroissement de l'influence royale. Un timbre-poste de l'abbaye a été émis par la France en 2009.

L'abbaye de Royaumont, dans le Val-d'Oise,
une émission de la France le 28 septembre 2009
(un timbre-poste vu sur WikiTimbres).
Line Filhon / Phil@poste.

Au centre du jardin du cloître, 
un bassin octogonal semble gardé par des ifs.
Des buis dessinent des compartiments.
(Photo : JD).

Voici le vaste cloître avec son jardin à la française redessiné en 1912 puis rénové en 2010. Au Moyen Âge il y avait probablement là un jardin de simples, avec ses herbes médicinales. Comme le travail était une valeur cistercienne, le moindre espace devait être utilisé au XIIIe siècle, sans doute pour l'activité des frères convers. On retrouve l'idée du jardin clos ou hortus conclusus. Dans les jardins du Paradis sous un autre climat, normalement rien ne se voit, seuls les les jasmins embaument.

Bernard de Clairvaux, promoteur de l'ordre cistercien,
une émission de la France le 7 octobre 2013
(un timbre-poste vu sur Phil-Ouest).
Martin Mörck / Phil@poste.

Aujourd'hui, une fois par heure, dans le bassin central octogonal le visiteur voit un bouillonnement puis un jaillissement d'eau à 7 mètres ! C'est l'œuvre du plasticien Yann Toma. La création "Geysir-Ouest Lumière" fuse, inspirée d'un geyser islandais "considérée comme l'incarnation de l'accumulation de l'énergie artistique produite par toute personne vivant sur Terre".

Geysir-Ouest Lumière jaillit au cœur du cloître de Royaumont,
dans le bassin octogonal.
(Photo : JD).

Le Gothique aussi fut une sacrée accumulation d'énergie artistique : la cathédrale de Reims, Notre-Dame, Chartres et tant d'autres réalisations.

Zoom sur l'accumulation d'énergie artistique !
(Photo : JD).

Les fleurs mauves d'agapanthes en ombelles s'inclinent
comme pour saluer le visiteur.
(Photo : JD). 

L'église abbatiale fut détruite en 1792. Elle comportait une nef de 106 mètres et était considérée comme l'une des plus belles églises de l'ordre de Cîteaux. Louis de France, le fils aîné de Saint Louis, fut d'abord inhumé dans cette église puis fut transféré à Saint-Denis.

À  l'arrière-plan, on distingue la tourelle des ruines de l'imposante église abbatiale.
(Photo : JD).

Sur les bancs de pierre, des éléments taillés du pavage font partie du décor.
(Photo : JD).

Les moines mangeaient en écoutant des passages des Saintes Écritures. Ils étaient toujours ensemble : pour prier, pour manger et aussi pour se rendre aux latrines. L'individu tel que nous le concevons n'existait pas encore.

Le réfectoire des moines.
(Photo : JD).

Le sol du réfectoire se compose de 30.000 carreaux de pavage unis et de 10.000 carreaux à motifs ; il a été refait en 2002, la plupart du temps avec des répliques de carreaux du XIIIe siècle retrouvés à Royaumont.

Les carreaux de pavage du réfectoire représentent des figures héraldiques
et datent du XIIIe siècle.
(Photo : JD).

Ci-dessous, c'est un carreau présenté dans la salle d'exposition avec des restes de glaçure jaune. Cette glaçure jaune-orangée vive existait aussi dans certains des carreaux de pavage de l'abbaye de Saint-Denis. Le motif de la double fleur de lys et du château (la Castille) serait un rappel de la régence de Blanche de Castille, la mère de Saint Louis.

Ce carreau présentait
des restes de glaçure jaune.

La cuisine des moines a des murs épais. Elle devait comporter initialement une cheminée centrale. On voit l'espace pour le passe-plats qui était au XIIIe siècle le seul lien autorisé depuis les cuisines avec le réfectoire des moines.

Les cuisines des moines à Royaumont.
(Photo : JD).
 
Ci-dessous nous retrouvons le roi Louis IX dont nous avons le timbre-poste du 800ème anniversaire de la naissance, émis par la France en 2014. Saint Louis a séjourné souvent à Royaumont. Le "benoît roi" y venait ouïr la messe, comme écrivait Louis Boutier en 1911. Ci-dessous le souverain est représenté entre deux de ses plus grandes réalisations : à gauche la Sainte-Chapelle à Paris et à droite l'abbaye de Royaumont. La Sainte-Chapelle a été vue sur un timbre-poste émis par la France en 2011 dans un carnet sur l'art gothique.

Le roi Saint Louis et ses deux grandes réalisations,
détail d'une peinture de Frédéric Legrip (1870).

Ouvrons la porte pour sortir des cuisines. C'est le jardin des neuf carrés créé par le paysagiste Olivier Damée en 2004, d'inspiration médiévale. Les carrés sont rehaussés en plessis de châtaignier, ceints d'une clôture d'osier vivant tressé.
"Au Moyen Âge, la règle d'or était l'efficacité, la simplicité pour cultiver l'utilité. On n'essartait pas pour le plaisir et chaque mètre carré devenait productif. Divisé en carrés, l'espace voué aux plantations était souvent surélevé afin que la terre se réchauffe plus rapidement au printemps". Dans Aménager son jardin de simples, chapitre Créer son jardin d'aromatiques bio, par Nathalie David-Bernadat, Sylvie Hampikian et Brigitte Lapouge-Déjean, collection Terre vivante, 2011.
Un jardin d'inspiration médiévale à Royaumont.
(Photo : JD).

L'osier vivant délimite le jardin des 9 carrés.
Dans un carré, il ne devrait y avoir
qu'une seule variété de plante.
(Photo : JD).

Les plantes étaient porteuses de sens, sur le principe de l'analogie. Ainsi le lys, associé à la Vierge, était symbole de pureté et de chasteté. À l'inverse, la mandragore, ou main-de-gloire, connue aussi des sorciers pour un usage magique, pouvait apporter la fertilité.

Le lys blanc, lilium candidum,
l'emblème de la Vierge Marie pour les Chrétiens.
(Photo : JD).

Amour en cage (Physalis alkekengi) et fraisier des bois (Fragaria vesca).
(Photo : JD).

Les plantes des jardins du Moyen Âge devaient plus ou moins être choisies parmi les plantes prescrites par Charlemagne dans le capitulaire De Villis de l'an 812. Voir le site Noctes Gallicanae, au chapitre Karoli Magni.

Des bassins accueillent une faune variée.
(Photo : JD).

Je signale l'existence d'un couple de ragondins (Myocastor coypus) à Royaumont. En voici un ! Ce gros rongeur originaire d'Amérique du Sud n'était pas présent au XIIIe siècle. On peut dire que ces animaux trouvent à Royaumont un écrin exceptionnel.

Ce ragondin à Royaumont a un air royal.
(Photo : JD).
Voir
Royaumont, abbaye et fondation
La faune et la flore de la cathédrale d'Amiens, un article repris de 1933 sur Gloubik Sciences
L'art gothique, un dossier Philotablo
Paris au temps de Saint Louis, par Louis Boutier (1911), sur Gallica BNF 
Louis IX, roi de France, un billet du 5 mai 2014
La Sainte-Chapelle à Paris, un billet du 21 avril 2011
La cathédrale de Chartres, un billet du 5 octobre 2014

Ce billet a été complété le 8 août 2015 (lien ajouté : Gloubik Sciences).

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