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2 octobre 2015

L'exposition « Archi-timbrée »

Avec l'Ange au sourire

J'avais consacré en 2013 un billet à l'Ange de l'Annonciation de la cathédrale Notre-Dame de Reims dont on a fêté le 800e anniversaire en 2011. Voyage philatélique à travers l'architecture française était une exposition du 15 avril au 21 septembre 2015 à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris

Un carnet de quatre timbres-poste est réalisé dans le cadre du parcours de celle-ci « Archi-timbrée ». C'était un partenariat avec L'Adresse Musée de La Poste et l'Adphile (l'association pour le développement de la philatélie).

L'Ange au sourire de la cathédrale Notre-Dame de Reims,
au portail Nord de la façade occidentale,
une émission de la France le 29 mai 2015
dans le carnet "collector" de l'exposition « Archi-timbrée ».
Cité de l'Architecture et du patrimoine / Phil@poste.

Le timbre-poste de l'Ange au sourire montre un détail du moulage par Jean Pouzadoux réalisé vers 1881. L'original fut sculpté entre 1236 et 1245, il accompagne le martyr Saint Nicaise. Une restauration eut lieu en 1922. Avec le timbre-poste de l'Ange au sourire, nous trouvons : l'église Saint-Nicolas de Tavant (Indre-et-Loire), l'ancien Palais du Trocadéro à Paris (l'exposition universelle de 1878) et la Basilique Sainte-Marie Madeleine à Vézelay (Yonne). 

L'ancien palais du Trocadéro fut démantelé en 1935 pour laisser la place à l'actuel palais de Chaillot et n'aura donc occupé le paysage parisien qu'un peu plus d'un demi-siècle. Il y avait là le musée d’ethnographie. Il est toujours intéressant d'avoir un timbre-poste sur un bâtiment disparu de Paris.

La couverture du carnet « collector » de l'exposition « Archi-timbrée ».
Cité de l'Architecture et du patrimoine / Phil@poste.

 Quatre timbres-poste sont proposés dans ce carnet « collector »
avec en fond l'Ange au sourire de la cathédrale de Reims.
Cité de l'Architecture et du patrimoine / Phil@poste.

Christian de Bartillat, auteur du Livre du sourire (Du Rocher, 1995) trouve ce sourire de l'Ange espiègle et doucereux. Selon l'auteur, il est à la fois merveilleux et un peu mièvre dans son expression ravie. C'est un sourire rarement vu en 2015 dans le métro parisien.

En 2013 j'avais noté à propos de l'Ange au sourire : « son sourire est de nature spirituelle, c'est une invitation à entrer dans le royaume divin pour les gens du XIIIe siècle, la plupart illettrés, accablés par l'arbitraire féodal, et qui n'avaient que la pierre d'église, qui leur racontait des salades, pour espérer souffler un peu dans l'après-vie. C'est la Révolution Française qui rendit le sourire à tous, ou presque, avec la naissance d'une France nouvelle mais rétroactivement éternelle ».

Mon commentaire était un peu rude je le reconnais car l'angélologie est un domaine qui pourrait passionner et mener à une thématique où vous pourriez verser par exemple le timbre-poste de l'ange couillu de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi émis par la France en 2009. Pendant les longues soirées d'hiver, vous pourriez aussi découvrir les envolées de Sohravardî, mystique de l'Islam perse au XIIe siècle, qui détaille les significations spirituelles des deux ailes de l'ange dans Le bruissement des ailes de Gabriel : la droite est de pure lumière, la gauche enténébrée. Le philosophe raconte sa rencontre avec l'un des dix Sages du pays du « non-où », des sortes d'hypostases divines. Ce dixième Sage n'est autre que l'Ange Gabriel. Les anges se retrouvent dans de nombreuses croyances.

J'ai vu dans un ouvrage d'Alfred de Vigny, poésies et journal d'un poète, un dessin au trait de Ziegler de 1833 sur le poème d'Éloa ou la Sœur des Anges de 1823.

Éloa, sur un dessin au trait de Ziegler en 1833.

 On vit alors du sein de l'urne éblouissante,
S'élever une forme et blanche et resplendissante,
Une voix s'entendit et disait « Éloa ! »
Et l'Ange apparaissant répondit « Me voilà. »


C'est extraordinaire cette Éloa qui, pour le poète, est aussi une femme, une Ange charmante qui posait même ses pieds sur le front des comètes afin de découvrir les êtres nés ailleurs... 

Le commentaire du site Dsaurel est intéressant :
« L'ange Éloa ne conçoit la perfection de son bonheur qu'à travers l'assurance du bonheur de tous. Aussi est-il en quête d'une réponse au sujet de ce mal qui déroge aux lois divines du bonheur céleste. L'ange chimérique d'Alfred de Vigny rêve du bonheur pour tous que l'on nomme apocatastase* : tous reviendrons à Dieu et seront sauvés ».  La fin est difficile pour Éloa puisque son rêve la mène à sa perte. Nous dirions aujourd'hui que c'est une compassion qui a manqué de discernement.

Le livre L'enfer une question du théologien Hans Urs von Balthasar consacre un chapitre à l'apocatastase si vous avez envie d'autre chose que de vains débats politiques ou de technologies trop banales. Là au moins vous pourrez vous demander si l'enfer est vide, encore que l'auteur prenne ses distances avec la doctrine condamnée de l'apocatastase au motif que nul n'a le droit ni la possibilité de voir d'avance les cartes que tient le juge (le Christ bien-sûr pour les chrétiens).

Un livre passionnant : L'enfer une question,
traduit de l'allemand en 1988 chez Desclée de Brouwer.


Des candidats à un concours pourraient avoir cette question : selon vous, l'enfer est-il vide ? Le candidat développera son argumentaire sur le peuplement de ce lieu singulier. Il mettra par exemple à jour les obstacles à son remplissage ou au contraire l'impossibilité de faire barrage au flux qui l'alimente. C'est une question qui permet de surprendre un peu à l'oral un candidat pour étudier sa réaction.

Voir
Philapostel Bretagne consacre une série de billets à l'exposition Archi-timbrée avec chaque samedi l’une des œuvres présentées (un beau travail)
L'Ange au sourire, Les amis de la Cathédrale de Reims
Cité de l'architecture et du patrimoine
Voyage philatélique dans l'architecture, un fichier pdf
Saint Nicaise, sur Hodie Mecum Eris In Paradisio
Voyage philatélique dans l'architecture, sur Philatélie au quotidien le 4 mai 2015
Le sourire de Reims, un billet du 15 octobre 2013
Notre-Dame de Reims a 800 ans, un billet du 6 juillet 2011
Sainte-Cécile d'Albi, un billet du 22 octobre 2009

Lire
Le livre du sourire, Christian de Bartillat (Ed. Du Rocher, 1995), 202 pages.
L'archange empourpré, de Sohravardî, quinze traités et récits mystiques, chez Fayard 1976, 512 pages, présentés et annotés par H. Corbin.

Ce billet a été mis à jour le 12 octobre 2015.

* Votre premier contact avec l'apocatastase fut probablement en 1972 avec le chanteur Michel Polnareff qui interprétait « On ira tous au paradis ».

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